Voici un résumé du travail de recherche fait par Yolande
Harrison-Lefrançois (13) et écrit
par Thérèse Comeau, présenté lors des Retrouvailles des Familles
Lefrançois d'Amérique en 1996, qui se tenait à Matane en Gaspésie. Cet ouvrage nous permet de retracer nos Ancêtres qui se sont
implantés dans cette belle région avant de s'éparpiller un peu
partout en Amérique. En espérant que ceci vous aidera à mieux connaître
l'histoire de ceux et celles qui ont contribué à faire de nous des gens
fiers de leurs racines.

Au
début des années 1820
Nous retrouvons deux membres de la 6e génération à
Sainte-Anne-des-Monts: Joseph et Pierre, deux frères célibataires, fils
d'Ignace et de Rosalie Gravel.Trois raisons incitaient les gens à descendre
vers l'est: la pêche, l'industrie du bois (dans les années 1830) ou la
recherche de nouvelles terres pour établir leur progéniture. On est à
l'époque où les terres étaient toutes prises, épuisées ou morcelées.
Vint un temps où il n'y eut plus de terres disponibles et où les pères de
famille et les célibataires durent aller s'établir sur les nouvelles
terres ouvertes à la colonisation.
Pierre prend souche à Sainte-Anne-des-Monts. Après quelques années à cet
endroit, Joseph partira entre 1834 et 1836 pour s'établir sur le territoire
de Sainte-Félicité qui faisait alors partie de la seigneurie de Matane.
Nous nous intéressons dans cet article à la branche de Joseph, celle de
Pierre sera publié éventuellement.

La branche de Joseph à Sainte-Félicité
Le 3 août 1823, Joseph Lefrançois, cultivateur de Sainte-Anne-des-Monts, épouse Marguerite
Dugas, une jeune fille de dix-huit ans, dont il a trois enfants:Paul et Alexandre(décédés très jeunes) et Marguerite (marié à
Abel Otis en 1845 et à Antoine Dupuis en 1877). La mère est décédée en 1828 à l'âge de 22 ans. Joseph se remarie avec Marie
Gagné (veuve de Michel Millier) à Rimouski, le 13 août 1831. L'épouse est de Saint-Ulric, et ses parents sont de
Sainte-Anne-de-Beaupré. Ils auront dix enfants. Les deux premiers sont nés à Sainte-Anne-des-Monts (Octave 1832 et Rosalie 1834).
On apprend dans AU FIL D'UN PREMIER SIÈCLE, SAINTE-FÉLICITÉ 1870-1970, page
227, qu'ils s'établissent "sur le bord de la grève dans la partie de la
paroisse qu'on nomme le haut de la paroisse". Comme il n'existait
pas encore de route carrossable avec Sainte-Anne-des-Monts, la
"légende" raconte qu'ils firent le trajet à pied sur la grève
traînant avec eux une vache. Un document de 1858, nous apprend que Joseph
détenait le lot no 1 rang 1 au canton Saint-Denis, de trois arpents de front
sur vingt-huit de profondeur. Cette terre fut transmise de père en fils ( Joseph,
Paul, Joseph, Adélard, Jeannot ) se situe
aujourd'hui au numéro 122, route 132 ouest à Sainte-Félicité.
Les actes de naissance des huit autres enfants sont
enregistrés dans la mission de Matane (le territoire est sous la juridiction
religieuse de Saint-Jérôme de Matane; les registres de Sainte-Félicité ouvrent en septembre 1864, date d'arrivée du premier prêtre résidant).
Joseph Lefrançoisest décédé à l'âge de 69 ans, le 24 août 1861, et sa sépulture est
enregistrée à Matane. Marie Gagné est décédée trente-cinq ans plus tard à l'âge de 85 ans. Si leurs âges, inscrits au registre est bon, ils auraient
eu dix-neuf ans de différence.
Six garçons (7e génération) ont fondé une
famille; ils se marient soit à Matane, soit à Sainte-Félicité et on peut
reconstituer les six familles dans les registres de Sainte-Félicité. On n'a
pas encore commencé à "s'éparpiller". Il n'en n'est pas de même
pour la huitième génération qui compte soixante-seize petit-enfants nés
Lefrançois. Ils suivront le courant; des familles complètes partent à la
recherche d'un gagne-pain dans le Vallée de la Matapédia où commence la
construction du chemin de fer l'Intercolonial; d'autres sont attirées vers
les États-Unis pour travailler dans les manufactures; d'autres
émigrent vers la Côte-Nord où l'industrie forestière sera la manne en
hiver qui leur permettra de passer l'été sur leurs terres; enfin, la crise
économique de 1929-1939 les poussera vers les grands centres urbains.
Plusieurs Lefrançois reviendront dans leur patelin après avoir gagné
l'argent nécessaire pour consolider leur établissement au pays (ou forcé par
le manque d'ouvrage).
Voici d'abord la liste des six enfants qui assurent
la descendance de Joseph et Marie Gagné, ainsi que quelques renseignements
sur chaque rameau, en insistant un peu plus sur les familles de la région de
Matane. Nous continuerons ensuite avec ceux qui ont hérité de la terre
ancestrale à Sainte-Félicité (Paul, Joseph et Adélard).

Les six grandes familles (7e génération)
1- Octave (1832-1925) et Élisabeth Rioux mariés à Matane en 1858; ils ont douze
enfants. Octave occupait le lot no 12, rang 1 du canton Saint-Denis dans le même rang que son père, une terre de deux arpents de front par vingt de
profondeur. Le bien revient à son fils Jean par un acte passé le 27 juillet 1892.
(8e génération) Neuf enfants se sont mariés à Matane soit; Jean et
Delphine Murray en 1894, en 2e noces à Saint-Luc, avec Aglaé Murray en 1902,
en 3e noces avec Marie-Anne Turcotte en 1910; Clarina et Jean Villeneuve en
1897. À Sainte-Félicité: Joseph et Marceline Labrie en1883; Odile et Ludger
Lavoie en 1890; François et Aurore St-Pierre en 1891; Marie et Achille
Lizotte en 1896; Adèle et Alexis Gendron en 1897; Thomas et Hélène Fortin
en 1904; Ernest et Corinne Collin en 1911; Madeleine est la seule mariée à
l'extérieur; à Val-Brillant en 1899 avec Xavier Chassé.
2- Joseph
fils (1836-1900) et Caroline De Caën
ou Decamp en première noce
à Matane en 1857, dix enfants; en 2e noce avec Mathilde
Roy-Desjardins à Sainte-Félicité en 1874, sept
(ou huit?) enfants. Joseph vit d'abord à Sainte-Félicité à l'endroit
appelé Cap-à-la-Baleine, puis la famille déménage à Sayabec en 1885
pendant l'épidémie de "picotte". Joseph travaille sur les fermes
Ferguson et dans les chantiers; il possède aussi un moulin à scie.
(8e génération) Quelques membres de cette famille ont émigré à
Holyoke, Massachusett ( dont Mathilde, Joseph-Didace, revenu à Sayabec, et
Désiré "parti vers 1900 rejoindre ses soeurs"). François
s'est marié à Saint-Dominique en 1917. Trois filles se sont mariées à
Sainte-Félicité avant le départ des parents; Marie-Louise (Timothée Roy),
Caroline ou Corinne (François Gagnon) et Léa (Jacques Milliers). Les autres
enfants se sont mariés à Sayabec, (Alphée, Éva, Florida et
Marie). À
Saint-Moïse, Lucienne et à Saint-Octave-de-Métis, Édouard. Florida a épousé
Alphonse Lefrançois en 1924, son cousin au 3e degré, petit-fils de Pierre,
branche de Sainte-Anne-des-Monts.
3- Ignace (1840-1925) et Josephte-Joséphine
Tremblay mariés à Matane en 1861. Douze enfants nés à Sainte-Félicité.
(8e génération) Trois enfants
mariés à Sainte-Félicité; Isaac et Angélique Harrisson en 1904 (leurs
enfants sont en Ontario), Louis et Clarisse Harrisson en 1887(parti à
Saint-Léon), Marie-Rose et Adolphe Otis en
1892. Deux autres dans la vallée
de la Matapédia; Adolphe à Sayabec avec Rose Fournier en 1901 et Odina à
Saint-Moïse avec Marie-Louise Marquis en 1896. Octave se marie à Manchester,
New Hampshire, en 1890 avec Agnès Guimont; ils reviennent à
Sainte-Félicité vers 1893-94 avec deux enfants et s'établissent sur une
terre à côté d'Ignace; la famille continue avec neuf enfants, dont deux
chefs de famille à Sainte-Félicité; Paul (Marie-Rose Gagné et Adélia
Vallée), et Arsène (Fabiola Lefrançois, sa cousine de Sayabec).
4- Paul (1842-1920) et Marguerite
Charest, douze enfants. Paul héritera de la terre
paternelle.(voir plus bas)
5- Télesphore (1845-1923) s'est
marié trois fois à Sainte-Félicité: Marie Imbault
en 1867, sept enfants; Angélique Ouellet
en 1884, trois enfants; Marie-Flore Savard
en 1898, cinq enfants.
(8e génération) Quatre enfants
se sont mariés dans la région. A Sainte-Félicité; Didace et Georgianne
Savard en 1880, Philippe en
première noce avec Odina Rioux en 1895,en 2e noces avec Emma Létourneau en 1932,en 3e
noces avec Bernadette Gagnon en 1934
et en 4e noce avec Marie-Alma Fortin en 1945; Angélina et David Gauthier en
1910; Marie-Louise s'est mariée à Matane en 1936 avec Yvon Dugas. Les autres
se sont mariés à l'extérieur; Arthur à Québec avec Germaine Hamel en
1943; Wilfrid en première noce avec Marie-Louise Tremblay en 1922 et en 2e
noces avec Delphine-Delia Tremblay en 1928 sur la Côte-Nord; Ernest et Agnès
Langlais à Prvidence RI; Marie et Oscar Lévesque aux États-Unis.
6- Pierre (1851- ?) et Célestine
Vaillancourt mariés à Matane en 1871; neuf enfants,
dont huit sont nés à Sainte-Félicité; ils partent s'établir à Sayabec
après mai 1886. Pierre va rejoindre son frère Joseph.
(8e génération) Deux enfants se
sont mariés dans la région; Marie-Flore en
première noce à Matane en
1887 avec Delphis Aubry (les parents sont de Sayabec) et en 2e noces à
Saint-Léandre en 1941 avec Auguste Bérubé; Adélard à Sainte-Félicité
avec Joséphine Bouchard en 1909. Six autres à Sayabec (Joseph, Jérome,
Philippe, Marguerite, Rosalie et Alphéda); on ignore l'endroit du mariage de
Adéla.

Les héritiers de la terre ancestrale
Paul Lefrançois (7e génération)
Paul Lefrançois
(fils de Joseph et de Marie Gagné) acquit le bien paternel et
"bâtit sa demeure sur la côte"(op.cit.p.227). Il épouse une
institutrice native de Matane,
Marguerite Charest, le 21 février 1865
à Sainte-Félicité. Lui, vingt-deux ans, elle, quatorze ans. Ils auront
douze enfants, tous nés et baptisés au même endroit.
(8e génération) Les
filles ont trouvé époux dans la région mais sont parties par la suite avec
leur famille; Léda,
institutrice, avec Joseph Dion
en 1891, Éva et François Martel
en 1901, Laetitia et François Gauthier
en 1902, Marguerite,
institutrice, avec un autre François
Gauthier en 1901,
Sigmond
Gauthier en 1953. Seule Whilemine
s'est mariée à l'extérieur avec Émile
Perreault, ils ont vécu à Valleyfield.
Quatre des cinq garçons sont allés chercher leurs épouses hors du Québec.
Au
Nouveau-Brunswick pour Alphonse,
en Ontario pour Joseph,
dans le Maine pour Ulric,
et Vancouver pour Oscar. Joseph
reviendra et héritera de la terre à son tour. Esdras
vécu toute sa vie à Sudbury, il décède célibataire en 1958.
Zotique s'est marié à Saint-Luc de
Matane en
1907 avec Clothilde Gauthier
puis sont partis vers 1920 à Villemontel, en Abitibi.

8e Génération
Joseph Lefrançois
Joseph,
fils de Paul,
lui succède sur la terre. Il alla d'abord travailler dans les mines de
Sudbury; il se maria en 1902 dans cette ville. Il revint à Sainte-Félicité
avec son épouse, Ida Caron
et leur premier enfant. Il travaillait le morceau de terre faite, lui
arrachant la subsistance de sa famille, abattant les arbres afin d'agrandir
son domaine. Son épouse mourut le 8 décembre 1920 à 34 ans lui laissant
douze enfants. L'acte d'acquisition de la terre date du 19 juin 1907.
(9e génération)
Sept enfants ont contracté mariage dans la région; Florida avec Antonio Gauthier en 1921 et Antonio
Bernier en 1930; Léo
et Marie-Anne Bouchard en 1927; Laura
et Joseph Pellerin; Adélard
et Antoinette Bernier en 1930 (il héritera de la terre); Bernadette
et Charles Robichaud, originaire de Néguac au Nouveau-Brunswick, en 1931; Maguerite-Marie
et Antonio Gauthier en 1932; Marie-Ange
et Albert Dugas en 1935. Trois autres enfants se sont mariés à l'extérieur;
Ernest
et Bernadette Côté en avril 1932 et Laurence Meunier en 1960, ils sont à
Montréal; Alphonse
marié dans la Maine avec Alphéda Létourneau; Lorenzo
et Roséanne Thériault en 1937 à Sayabec.

9e Génération
Adélard Lefrançois
Adélard Lefrançois
(fils de Joseph et de Ida Caron) lui succéda sur le bien paternel en 1937.
Oeuvrant dans les chantiers l'hiver, il réussit par son travail acharné, à
rendre sa ferme prospère. Un incendie ayant détruit sa grange le 31 juillet
1952, il reconstruisit et modernisa. Ses fils lui donnèrent généreusement
un vigoureux coup de main. Adélard a épousé Antoinette Bernier à Matane
le 23 juillet 1930 et ils ont neuf enfants.
(10e génération) six enfants se sont mariés à Sainte-Félicité; Colette et Roger Gauthier en
1955,Jeannot et Colette Maltais en 1957, Huguette et Paul Otis en 1962, Claude et
Thérèse Thibault en 1964;
Claudette et Hugues Otis en 1965; Roger et Jeannine Desjardins en 1966. Trois
à l'extérieur; Gilles et Rollande Laplante en 1956, Gérald et Rose
St-Pierre en 1964 et Jean-Marc en 1969 avec Marthe Lapierre. Jeannot (
professeur de danse aujourd'hui) a hérité du bien en 1967.

Conclusion
Ceux qui ne sont pas de la
famille peuvent se perdre dans cette liste de noms et de dates, mais pour ceux
qui descendent de Joseph Lefrançois et de Marie Gagné, nous croyons qu'avec
ces quelques notes sur les familles originaires de Sainte-Félicité, chacun
pourra reconnaître la sienne. Cet article est donc un document de
références et il a été rendu possible grâce aux recherches de Yolande
Harrisson-Lefrançois.

Cette page a été retranscrite sur le site de l'A.F.L.A.
par
Robert Lefrançois, fils d 'Adrien Lefrançois, et petit-fils de Oscar- Léo Lefrançois,
le frère d' Adélard de Sainte-Félicité.
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