Au
printemps de 1660, un groupe de 17 jeunes colons de Montréal s'en vont jouer
à la guerre, au
Long-Sault, sur la piste des Iroquois. Ils y laissent tous leur peau. Quelque
200 ans plus tard, l'histoire officielle se saisit du chef oublié de la
petite bande d'agités, un certain Dollard des Ormeaux, et décide d'en faire
un héros pur et dur. On lui érige une statue plus grande que nature avec les
matériaux du patriotisme et de la religion réunis. Pendant 100 ans, Dollard
sera porté aux nues, presque canonisé, avant qu'une nouvelle école
historique n'en fasse son souffre-douleur.
Jamais un personnage aussi peu
intéressant n'aura fait couler autant d'encre et de salive. Dollard est mort
et enterré. Le mythe court toujours.
Dollard des Ormeaux s'ennuie à Ville-Marie, dans l'île de Montréal. Il a 25
ans. Officier de la garnison, il occupe un petit poste de commandement.
Arrivé deux ans plus tôt au Canada, il rêve de gloire et de richesse.
Maisonneuve, le gouverneur très pieux de Montréal, ne lui offre comme avenir
que de défricher une terre de 30 arpents et d'assister aux offices religieux.
La situation est catastrophique en ce début de deuxième moitié du XVIIe
siècle. La population de la Nouvelle-France ne dépasse pas 1500 habitants,
dont 400 seulement à Montréal. La colonie est coupée depuis plusieurs
années de l'intérieur du pays par les guerres iroquoises. La traite des
fourrures est bloquée. Les colons vivent à crédit. Les marchands parlent de
quitter le pays. Même les communautés religieuses songent à retourner en
France. Une rumeur court que les Cinq-Nations s'apprêtent à attaquer
Québec. Les Iroquois veulent anéantir la colonie française de la vallée du
Saint-Laurent.
C'est dans ce climat perturbé que le jeune Dollard rencontre Maisonneuve, à
la fin de l'hiver. Il a un projet en tête qui pourrait, croit-il, faire
respirer un peu Montréal. Le Long-Sault, sur la rivière des Outaouais, est
le point stratégique de la route des fourrures. Les Iroquois y passent
immanquablement de retour de leur saison de chasse hivernale, en route vers
fort Orange où ils vendent les peaux de castors aux Anglais. Les coureurs des
bois français, tels Radisson et Des Groseilliers, et leurs amis les
Nez-Percés, n'attendent que l'ouverture du Long-Sault pour ramener à
Montréal, à Trois-Rivières et à Québec leurs précieuses fourrures.
La petite guerre
Ce que Dollard propose à Maisonneuve, c'est de faire une
guerre de harcèlement, une guerre à l'Indienne, ce qu'on appelle la «
petite guerre» . Il s'agit de s'embusquer au bon endroit et de surprendre les
bandes de chasseurs dispersés et encombrés par leurs cargaisons de
fourrures. D'autant plus que ces chasseurs ont souvent épuisé leur réserve
de poudre.
Dollard a un autre argument de poids. Il a réussi à entraîner dans son
projet 16 jeunes colons de son âge, en plus du solide Lambert Closse, le
sergent-major de la garnison, et de deux fils de famille, Charles Lemoyne et
Pierre Picoté de Belestre. Pour leur bonheur, ces trois derniers ne partiront
pas avec lui finalement, retenus qu'ils sont par la saison des semences.
Quand Maisonneuve apprend que 40 guerriers hurons, commandés par le grand
chef Annaotaha, et quatre Algonquins, veulent se joindre à l'expédition, il
ne peut plus refuser à Dollard la permission de partir à la guerre.
Pris à son propre piège
Dollard, ses compagnons et ses alliés indiens arrivent au
pied du Long-Sault le 1er mai. À partir de ce moment, rien ne se passe comme
prévu.
Ils n'ont pas le temps de s'installer solidement dans un petit fort
abandonné, construit l'automne précédent par des Algonquins, que les
Iroquois arrivent. Dollard est pris à son propre piège.
Ce n'est pas une petite bande de chasseurs iroquois qui se présentent mais
bien une armada de canots montés par autant de guerriers que de chasseurs.
Ils sont au moins 300 et fortement armés. L'expédition de Dollard est
tombée sur une partie de l'armée iroquoise sur le sentier de la guerre
totale avec les Français.
Les chasseurs se sont réunis avant d'arriver au Long-Sault. Une partie
d'entre eux doit porter les fourrures à bon port. Les autres feront la
jonction avec les 600 guerriers déjà sur pied de guerre dans les îles de la
vallée du Richelieu. La rumeur était vraie. Les Cinq-Nations se préparent
à attaquer massivement la colonie.
Massacrés et mangés
La bataille du Long-Sault a été racontée par le texte
et par l'image des centaines de fois. Elle dure de sept à 10 jours, selon les
différents récits tous écrits par des gens qui n'étaient pas sur place. Un
seul Huron survivra au massacre et pourra donner sa version des faits. La
bataille du Long-Sault relève autant de la littérature que de l'histoire.
Coincés dans leur fort pourri, sans eau potable et sans possibilité de fuir,
les 17 jeunes Français se battent avec l'énergie du désespoir. Les Iroquois
vont chercher du renfort dans les îles du Richelieu. La plupart des Hurons
désertent, croyant ainsi sauver leur vie. Ils sont massacrés sur-le-champ.
Quand les Iroquois prennent finalement le fort, il ne reste de vivants que
cinq Français et quatre Hurons. Un des prisonniers français, trop blessé
pour être transporté, est torturé à mort sur les lieux mêmes du combat.
Les quatre autres Français sont partagés entre les Agniers, les Onneiouts et
les Onontagués. Ils sont amenés dans les villages iroquois, torturés et
mangés jusqu'au dernier morceau, selon la coutume guerrière des nations
indiennes.
Les Cinq-Nations remettent à plus tard l'invasion de la vallée du
Saint-Laurent. Radisson et Des Groseilliers pourront profiter de l'accalmie
pour ramener à Québec 60 canots de fourrures de première qualité. Cette «
manne céleste », selon un témoin de l'époque, relancera quelque peu
l'économie moribonde.
Une légende épique
À l'époque des faits, les chroniqueurs se font
remarquablement discrets à ce sujet. Marie Guyart de l'Incarnation signale
courtement le massacre du Long-Sault sans nommer Dollard. Les Relations des
jésuites en parleront indirectement et seulement pour mousser en France leurs
projets locaux.
Une remarquable thèse de doctorat, soutenue, avec succès, à l'université
Laval, en mars dernier, démêle l'écheveau de l'affaire du Long-Sault.
Appliquant la sémiologie à l'histoire, Patrice Groulx fait une relecture
critique de tout ce qui a été écrit et dit à propos de « l'exploit» de
Dollard. L'historien s'intéresse à la place des Amérindiens dans
l'identité québécoise. Il montre et démontre comment et pourquoi
l'idéologie nationaliste et le prosélytisme religieux ont créé et
encouragé le mythe de Dollard des Ormeaux.
Durant près de deux siècles, les historiens et les chroniqueurs ignorent cet
épisode des guerres iroquoises. Seuls le jésuite Charlevoix et F.-X. Garneau
y consacrent un bref paragraphe.
Nous ne perdions rien pour attendre. Au XIXe siècle, le manuscrit de
L'histoire de Montréal, de Dollier de Casson est retrouvé. Dollier est
supérieur des Sulpiciens, les seigneurs de Montréal. Il a écrit son ouvrage
12 ans après l'affaire du Long-Sault. Les abbés Jean-Baptiste Ferland et
Étienne-Michel Faillon ne se tiennent plus. Ils vont pouvoir se lancer dans
une entreprise de décervelage rarement égalée dans l'historiographie
québécoise.
Ferland et Faillon écriront, chacun de leur côté, ce que l'historien
Patrice Groulx appelle une « histoire canonique» de Dollard et de la
bataille du Long-Sault. L'historien André Vachon, qui signe l'article sur
Dollard dans le dictionnaire biographique du Canada, qualifie cette démarche
historique « d'émotive et de grandiloquente» . Marcel Trudel, pour sa part,
accusera les panégyristes du XIXe et du XXe siècle d'avoir transformé la
réalité en « un pieux chapitre martyrologique, en un roman
invraisemblable» .
Ferland fait de Dollard et de ses compagnons des « martyrs de la foi et de la
patrie» . Faillon, lui, perd carrément les pédales. Il s'agit, écrit-il,
« du plus beau fait d'armes de l'histoire moderne» . Il va encore plus loin
dans l'emphase: « Dans l'histoire des Grecs et des Romains, rien n'est
comparable à l'action de ces braves... »
Ferland et Faillon concluaient en affirmant que Dollard avait donné sa vie au
nom de la foi et de la patrie ; il avait sauvé la colonie.
Pendant de nombreuses années, les historiens se rallient à cette thèse.
E.-Z. Massicotte et Gustave Lanctôt y mettent un bémol, mais sans contredire
fondamentalement l'histoire officielle.
Il faudra attendre 1932 avant qu'un historien de l'université McGill, E. R.
Adair, ne mette la hache dans cette belle unanimité. Pour Adair, non
seulement Dollard n'a pas sauvé la Nouvelle-France, mais il a exacerbé
l'ardeur belliqueuse des Iroquois. Le jeune ambitieux voulait se racheter une
conduite. Il a fait plus de mal que de bien. Adair relègue Dollard au musée
des mythes historiques.
La thèse de l'historien anglais fait monter aux barricades les historiens de
la tradition, le chanoine Lionel Groulx en tête. Toucher à Dollard, c'est
s'en prendre à la patrie et à la religion catholique.
Durant la première moitié du XXe siècle, le culte de Dollard atteindra son
paroxysme. On organise des commémorations annuelles et des pèlerinages au
Long-Sault qui attirent des milliers de personnes. La littérature et le
théâtre s'en mêlent. Patrice Groulx a compté 11 pièces de théâtre
jouées au début du siècle et toutes chantant la gloire de Dollard.
À partir du milieu du siècle, les historiens sont divisés. Le grand public
se fait sa propre opinion. Pour les uns, Dollard est un héros authentique à
l'égal de Champlain, Frontenac ou d'Iberville. Pour les autres, il n'est
qu'un aventurier et un voleur de fourrures.
Quand, durant les années 1960, l'écrivain Jacques Ferron suggère de
remplacer le nom de Dollard par celui du patriote Chénier dans le grand livre
de l'héroïsme national, les historiens choisissent de rentrer sagement à
l'université et de mettre fin à la polémique publique.
Ce qui n'empêche pas les Québécois de fêter qui la reine Victoria, qui
Dollard, le troisième lundi de mai.
Sources: le dictionnaire biographique du Canada ; La bataille du Long-Sault et
la place des Amérindiens dans l'identité québécoise, une thèse de Patrice
Groulx; Histoire de la Nouvelle-France, La seigneurie des Cent-Associés, de
Marcel Trudel.
Source : Louis-Guy Lemieux
Le Soleil .
Madeleine de
Verchères
En 1690, un
exploit digne des femmes de la Nouvelle-France est enregistré à Verchères.
Marie Perrot, femme de François Jarret de Verchères, mère de neuf enfants,
tient en respect un nombre indéterminé d'Iroquois qui veulent entrer dans le
fort de Verchères. L'assurance de Marie Perrot fit croire à ses assaillants
que la place qu'ils estimaient vide était en réalité peuplée de nombreux
soldats.
Le père François-Xavier de Charlevoix, s'appuyant sur d'autres récits,
raconte ainsi la fin de l'exploit : " L'espérance que les assiégeants
avaient conçue d'abord, d'avoir bon marché d'une place qu'ils savaient dégarnie
d'hommes, les fit retourner plusieurs fois à la charge; mais la Dame les écarta
toujours. Elle se battit de la sorte pendant deux jours avec une bravoure et
une présence d'esprit qui auraient fait honneur à un vieux guerrier; et elle
contraignit enfin l'ennemi de se retirer, de peur d'être coupé, bien honteux
d'être obligé de fuir devant une femme. "
Bon sang ne saurait mentir... Deux ans plus tard, une adolescente de quatorze
ans, Marie-Madeleine que sa famille surnomme affectueusement Magdelon, vit une
aventure en tout point semblable à celle vécue par sa mère. La charmante héroïne
de Verchères devait elle-même consigner par écrit les détails de son
aventure qui allait lui rapporter la gloire et... certaines pensions.
Dans ce texte, rédigé à huit heures du matin, le 22 octobre 1696, on
apprend que, quatre ans plus tôt, la jeune fille a été surprise aux champs
par quarante-cinq Iroquois. Saisie de frayeur, elle court à toute vitesse
vers le fort où elle pourra s'abriter. La Vierge veille sur elle puisque
malgré les balles " de quarante-cinq fusils qui (lui) sifflaient aux
oreilles ". Elle entre saine et sauve dans le fort de Verchères.
Magdelon ne parle pas de l'épisode où un Iroquois, qui s'était approché
d'elle au point de la saisir, ne saisit que le mouchoir qu'elle portait au
cou... Non, Magdelon fait un récit de brave guerrier que rien n'arrête!
Celle dont les larmes n'ont jamais coulé reste insensible aux pleurs et aux
cris des femmes dont les maris viennent d'être pris par les assiégeants.
Elle leur ordonne de se taire et de pleurer en silence. Comme sa mère, elle
est partout à la fois. Elle a caché ses cheveux sous un chapeau de soldat et
donne des ordres à ses " deux jeunes frères âgés de douze ans, notre
domestique, deux soldats et un vieillard âgé de quatre-vingts ans avec
quelques femmes et quelques enfants ". Ici, elle empêche un soldat
pessimiste de faire sauter tout le monde pour éviter d'être pris. Là, elle
tire avec ceux qui sont en état de tirer.
Le temps est maussade. II neige et il grêle sur Verchères. Malgré cela,
Madeleine veille : " Je puis dire que je fus deux fois vingt-quatre
heures sans dormir ni manger. Je n'entrai pas une seule fois dans la maison de
mon père; je me tenais sur le bastion, ou j'allais voir de quelle manière on
se comportait dans la redoute (elle y avait fait entrer les femmes et les
enfants).
Je paraissais toujours avec un air riant et gai; j'encourageais ma petite
troupe par l'espérance que je leur donnais d'un prompt secours. Le huitième
jour (car nous fûmes huit jours dans de continuelles alarmes, toujours à la
vue de nos ennemis et exposés à leur fureur et à leur barbarie); le huitième
jour, dis-je, M. de la Monnerie, lieutenant détaché de M. de Callières,
arriva la nuit avec quarante hommes.
Ne sachant pas si le fort était pris, il faisait son approche en grand
silence. Une de nos sentinelles, entendant quelque bruit, cria :
- Qui vive!
J'étais pour lors assoupie, la tête sur une table, mon fusil de travers dans
mes bras. La sentinelle me dit qu'il entendait parler sur l'eau. Sans perdre
de temps, je montai sur le bastion pour reconnaître à la voix si c'étaient
des Sauvages ou des Français.
Je leur demandai :
- Qui êtes-vous?
Ils me répondirent
- Français!
C'est La Monnerie qui vient pour donner du secours. Je fis ouvrir la porte du
fort, j'y plaçai une sentinelle, et je m'en allai au bord de l'eau pour les
recevoir. Aussitôt que je l'aperçus, je le saluai par ces paroles :
- Monsieur, soyez le bienvenu, je vous rends les armes.
- Mademoiselle, me répondit-il d'un air galant, elles sont en bonnes mains.
- Meilleures que vous ne croyez!, lui répliquai-je.
Source : Nos Racines p 249.
Il y a environ 12 000 ans, la vallée du Saint-Laurent était recouverte de glace. Deux mille ans plus tard, le glacier a commencé à se retirer de la partie sud du Québec. Selon l’archéologue
Jacques Cinq-Mars :"Le milieu (territoire) est probablement très difficile, avec des lacs proglaciaires, un paysage très instable, des événements probablement catastrophiques". Après le retrait des glaces, les premiers Amérindiens auraient commencé à fréquenter le territoire Québécois.
Pendant des siècles, on a désigné sous le titre d’"Indiens" les premiers habitants du territoire. On continuait ainsi a perpétuer l’erreur commise par
Christophe Colomb qui, en 1642, croyait qu’il venait d’arriver aux Indes. Selon le lexicographe
Alain Rey, le mot "Indien", pour qualifier un indigène d’Amérique, serait apparu dans la langue française en 1588.
Dans le récit de son premier voyage, Jacques Cartier utilise le mot "sauvage" pour qualifier les gens qu’il rencontre le 6 juillet 1534 dans la baie des Chaleurs.
Le titre de l’ouvrage de Samuel de Champlain, rédigé en 1603, est clair à ce sujet : Des Sauvages ou voyage de Samuel de Champlain de Brouage, fait en France nouvelle en l’an mil six cens trois.
Lorsque Cartier et Roberval séjournent dans la vallée du Saint-Laurent en 1531-1543, Stadaconé et Hochelaga sont les deux principaux endroits habités. Il s’agit alors d’Iroquois. Mais en 1603, lors de sa première visite, Champlain est accueilli par des Montagnais et des Algonquins.
Si les Anglais sont Celtes, Anglo-Saxons (Danois) et Normands, nous, canadiens français, avons aussi notre histoire et quelle histoire! Descendants de Gaulois parlant le gaélique, puis le gaulois romanisé, la langue franque lors de l’invasion du nord de la Gaule par les tribus germaniques, notre langue devint alors un mélange de guélique et de latin entremêlée de mots germaniques. La langue française n’était pas encore née.
Quand les Francs arrivèrent sur leur territoire, les Gaulois avaient perdu leur langue, leur fierté culturelle et ils acceptèrent facilement l’invasion des Francs qu’ils préféraient aux Romains décadents avec leurs taxes exorbitantes. Similarité du temps de la nouvelle France en commençant avec notre intendant Bigot, l’ignorance de Lord Durham, etc., devant cette population franque normande et québécoise. Persistance germanique, des hommes du Nord ! En l’an 300 ans de notre ère, les Romains, fatigués des attaques Franques sur les territoires gaulois et les Alpes Cisalpines, attaquèrent ces Francs pour les anéantir à tout jamais, hommes, femmes et enfants : un terrible massacre afin qu’il ne reste aucun de ces survenants. Ce fut fait, mais quelques-uns de ces Francs survécurent, se cachant dans les marais, et se réfugiant chez les allemands, suaves, et les thuringiens. Cent ans après, ces mêmes Francs se regroupent et rebondissent à nouveau sur les territoires Gaulois.
Pendant plusieurs générations on les avait cru tous morts. Mais les revoilà, regroupés, avec leur esprit de détermination et de persévérance, plus forts et fières qu’auparavant. Ils avaient appris et bien appris. Puis cette bande Germanique s’installa à Soissons et plus tard à Paris pour gouverner toute la France, l’Allemagne ainsi que l’Espagne et l’Italie. En ce temps-là, la France et l’Allemagne formaient un pays, la Neustrie (Pays de l’est) et l’Austrasie, (pays de l’ouest)
" UN " peuple et voilà c’est le PREMIER EMPIRE européen, le commencement de l’Europe que nous connaissons aujourd’hui.
Cette race franque, se partageait les pouvoirs entre eux; (avec leur loi Salique : la division de terre et pourvoir de leurs fils). Plus tard, un descendant de ces fiers Francs, Charlemagne, disait : Un peuple, un pays ou une nation, pas encore le Français , bien sûr, mais le Franc.
A noter aussi que Clovis avait fait de Soissons sa capitale, alors que Charlemagne se garda Aschen, du côté Austrasien, aujourd’hui en Allemagne, que nous connaissons en français sous le nom d’Aix-la-Chapelle. Avant d’aller plus loin il faut se rappeler que Francs et Normands étaient tous deux de langue nordique ou norse. En ce temps-là, nos <autres> ancêtres les Vikins ou Normands n’étaient pas encore venus sur les côtes de la France. Ces Francs étaient puissants, ayant acquis une grande expérience lors des saccages des Huns et Avars. Sous le règne de l’empire romain, ils furent soldats de fortune. Ces Vikings pillaient et saccageaient surtout l’Irlande, l’Écosse et aussi les côtes de l’Angleterre qui étaient sans protection quand les Romains les abandonnèrent à la veille de la déchéance de leur empire. L’empire Franc commença par le règne Mérovingien suivi du régime Carolingien.
Pour ce qui est de l’Angleterre, Charlemagne évangélisa les Saxons et les Bohémiens jusqu’au Danube et en Hongrie. Il hébergea EGBERT exilé du Wessex, Angleterre, qu’il aida à s’établir comme roi d’An-gleterre. Certains documents mentionnent qu’il fut l’aide-de-camp de Charlemagne.
En 802 avec le soutien de Charlemagne, il assujettit les Bretons de Cornwall, le temps que Charlemagne assujettit les Bretons de Bretagne. Après la mort de Charlemagne, les Vikings n’étaient rien de plus que des pillards. Un peu plus tard, après la mort de Charlemagne en 911. Rolf le Marcheur, un chef Viking s’établit sur les Côtes de la France dans la région que nous connaissons comme la Normandie. Les descendants de Rolf ne furent non seulement évangélisés, mais aussi acceptaient de parler le Français, qui plus tard deviendra le français.
Le premier roi européen fut Clovis (481) roi de tous les Francs. Le premier roi Anglais fut Egbert du Wessex (802). Les Francs acceptaient les Normands sur leurs territoires comme protection contre les autres bandes Vikings tout comme les Romains ont fait avec les Allemands pour protéger l’intérieur des terres contre d’autres invasions nordiques ou Vikings.
Les Normands ou Vikings étaient des gens venus des pays scandinaves. Au 1Xe siècle, des Vikings norvégiens s’étaient établis dans les Iles Féroé, entre l’Écosse et l’Irlande et ils en firent a plaque tournante de leurs expéditions.
Ils s’établirent aux Shetlands puis aux Orcades, submergeant la population celte, pour passer ensuite au nord de l’Écosse et aux Iles Hébrides. La Normandie occidentale fut en partie peuplée par des Scandinaves qui avaient séjourné en Irlande durant une ou deux générations. Si l’Irlande a été une conquête, la Normandie, quant à elle, a été une véritable colonie. La preuve en est l’extraordinaire densité de toponymes d’origine indiscutablement scandinave.
Déjà, du temps de Charlemagne, les Vikings faisaient des incursions dans les terres franques : il n’en vint jamais à bout. Au tout début, les Vikings étaient venus faire du troc : ils apportaient des chargements de fourrures, d’ambre et autres produits de chez eux qu’ils échangeaient contre des produits alimentaires, du vin, de bonnes épées franques, etc.
Les Normands s’aperçurent bien vite qu’ils avaient aisément le dessus. C’est ainsi qu’ils décidèrent, qu’économiquement, c’était plus rentable pour eux de
piller que de payer. Comme personne ne pouvait rien contre eux, ils devinrent de plus en plus audacieux. Leurs préférences allaient plutôt vers les églises et les couvents, étant sûrs d’y trouver des objets d’or et des pierres précieuses. Ils adoraient le vin : " Ils étaient aussi friands de la liqueur enivrante que l’ours l’est du miel ".
Ils leur arrivaient de parcourir de très longues distances pour s’approvisionner en vin, sans payer, il va de soi. Il arriva plus d’une fois que l’empereur de Bysance, aussi bien que les rois de France et d’Angleterre fussent forcés de payer de fortes sommes pour les convaincre de ne pas piller leurs terres.
Après la mort de Charlemagne, les choses empirèrent encore. Ils incendièrent des villes, pillèrent plus d’une fois Cologne, Aix-la-Chapelle et Coblence et, en suivant la Moselle, parvinrent jusqu’à Trèves. Ils établirent des camps permanents aux embouchures de la Seine et de la Loire et de là, envoyaient des expéditions à travers tout le pays, se rendant aussi loin qu’Orléans et même Paris. Ils se servirent également de la Garonne comme base pour "visiter" les contrées avoisinant Toulouse. Même que pour un temps, Bordeaux fut en leur pouvoir.
À partir de la Garonne, ils allaient piller l’Espagne et descendant vers le sud, prirent Séville et pillèrent le voisinage. Ils visitèrent également la côte occidentale du Maroc. Une fois qu’ils eurent découvert la route de la Méditerranée, ils continuèrent leurs exactions en Afrique, en Espagne et en France, remontant très loin au-dedans des terres du Rhône.
En 911, Charles 111 " le Simple " (pas si simple que ça) conclut un traité avec Rollon ( ou Rolf " le Marcheur " à Saint-Clair-sur-Epte. Il lui donne le duché de Normandie et sa fille Gisèle en mariage. Rollon se convertit ( ? ) et métamorphosa ses cruels compagnons en pacifiques paysans. On raconte que lors de l’investiture de Rollon comme duc de Normandie, la coutume voulant qu’il baisât le pied de son suzerin, il refusa de s’humilier de la sorte, mais admit finalement qu’un des ses hommes le fit à sa place. Mais lui aussi était trop fier pour se courber autant et lorsque finalement il porta le pied du roi à sa bouche, il fit tomber sa Majesté à la renverse.
Plusieurs avaient amené femme et enfants et d’autres femmes normandes étaient venues les rejoindre. Ils se mêlèrent finalement aux autochtones.
En 1066, le duc de Normandie, Guillaume (le Conquérant), s’empara de l’Angleterre et devint plus puissant que son suzerin, le roi de France.
Quel peuple fier et dynamique! Ne l’oublions jamais.
À SUIVRE...
