Chers cousins québécois,
chers cousins d’Acadie,
chers cousins ontariens et de l’État de New York,
chers parents,
Permettez-moi de me présenter. Je suis Hébert Arsenault,
fils de Patrick F. Arsenault et d’Eugénie Drapeau. Ma mère
était l’arrière-petite-fille de Justin Drapeau, le pionnier
de Balmoral.
J’aimerais, chers amis, vous parler quelque peu de Balmoral et de ses
habitants en vous faisant les allées et venues de notre fier pionnier
Justin et de son épouse Marguerite Porlier.
Justin et Marguerite
Remontons dans le temps. En 1665, Antoine Drapeau quittait la France
pour le Canada, profitant d’une occasion favorable et prometteuse afin
de se trouver un nouvel endroit où il ferait bon vivre. Son voyage
se termina à l’île d’Orléans, au Québec, où
d’abord il s’établit.
Environ deux cents ans plus tard, peu avant 1845, un descendant d’Antoine
Drapeau, nommé Joseph-Justin, quitte le Québec et vient s’installer
au Nouveau-Brunswick, plus précisément à Lily Lake,
région de Campbelton. Il fréquente Marguerite. Ces derniers
s’épousèrent en mai 1845 en l’église Ristigouche,
Pointe-à-la-Croix, province de Québec.
Fait digne de mention : pendant que le prêtre bénissait
l’union de ce jeune couple, la modeste maison à Lily Lake qui était
leur propriété et qu’ils projetaient d’habiter après
la messe nuptiale, fut rasée par le feu. La jeune épouse
entraîna son mari sans logis chez ses bons parents à Charlo,
et de là, vers les années 1850, ce jeune couple et leurs
deux fils, Joseph et Johnny, furent les premiers à s’aventurer dans
cette vaste forêt, près de Charlo. Ce coin de pays allait
devenir, pour la première fois, habité par des humains.
L’endroit reste innommé pour quelques années.
Justin et Marguerite défrichèrent la terre et bâtirent
leur maison. Ils eurent, bien entendu, d’autres enfants. Le premier né
sur le sol de cette nouvelle colonie fut Laurent, père du défunt
Isidore Drapeau que plusieurs personnes ici présentes ont connu.
Ensuite naîtront Louis-David, Pierre, Mary, Délima, Alexandre,
Flora et Marguerite, ancêtres de tous les Drapeau du Nouveau-Brunswick.
Balmoral à ses débuts
Au fil des ans, dans ce coin de pays, s’ajoutèrent graduellement
aux Drapeau des Arsenault, des Leblanc, des Poirier, des Savoie et d’autres
noms typiquement français et acadiens. C’est seulement au début
des années 1870 qu’arriva le premier contingent d’immigrants anglais
et écossais sur le navire « Caspian ». Ils s’établirent
ici, eux aussi. C’est en souvenir du château de Balmoral, résidence
de leur Majesté britannique, que ces Écossais donnèrent
le nom de Balmoral à cet immense et magnifique plateau qui est aujourd’hui
la prospère municipalité que nous habitons avec fierté.
Ces immigrants anglais et écossais, ne connaissant ni le climat,
ni la manière de cultiver cette terre étrangère, se
décou- ragèrent vite, déménagèrent ailleurs
ou retournèrent dans leur pays d’origine. Pendant ce temps, les
Drapeau, les autres Français et Acadiens firent preuve de courage,
d’énergie et de ténacité. Ils défrichèrent,
cultivèrent la terre et élevèrent des animaux. Balmoral
prenait de l’expansion. |
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Pour ceux et celles qui se laissent
facilement impressionner par les statistiques, écoutez bien
celles-ci, relevées de documents officiels de l’époque. En
1875, il y avait à Balmoral : 232 personnes, 44 maisons, un
magasin général, 26 granges, 4 chevaux, 11 vaches, 13 moutons
et 25 truies. L’évalua- tion moyenne de ces maisons était
de 100,00$ chacune.
Agriculture et industrie forestière
Jusqu’en 1939, Balmoral était un village essentiellement agricole.
On y trouvait également plusieurs petites industries. Graduellement
les fermiers abandonnèrent la culture de leurs terres pour aller
travailler à l’usine de pâte et papier de Dalhousie, occupation
beaucoup plus lucrative. L’activité agricole s’effrita peu à
peu.
Présentement l’industrie forestière prend le dessus à
un point tel qu’elle forme actuellement un secteur primordial de notre
économie. On trouve aussi chez les gens de Balmoral une diversité
de professions.
Ici, je me permets d’ouvrir une parenthèse. «Cette 2e guerre
mondiale, tout comme la 1ère d’ailleurs a endeuillé de nombreuses
familles de Balmoral. Certains ont eu la chance de revenir en sol canadien.
Aujourd’hui, nous avons ici présents trois valeureux soldats qui
ont combattu pour sauvegarder notre liberté. Chers amis, je vous
présente oncle Albanie Drapeau, oncle Alphé Drapeau
et cousin Laurent Drapeau. Nul doute que sur le champ de bataille
ces braves hommes portaient fièrement et très haut notre
drapeau en pensant à leur pays, à leur village, à
leur famille.»
Balmoral est un village francophone à 99%. Il fut incorporé
en 1972 avec comme premier maire, nul autre que monsieur Lauréat
Drapeau qui est parmi nous ce soir. M. Lauréat…
Comme vous pouvez le constater, Balmoral a une belle histoire à
laquelle les Drapeau ont grandement contribué. Ils étaient,
tout comme leurs voisins francophones qu’ils côtoyaient, des pionniers
qui portaient haut en leur cœur l’étendard de l’honneur, de la fierté,
du courage et le souci de passer aux générations futures
leur volonté de vouloir vivre dans le respect des autres et des
lois établies. Ils étaient ici pour rester !
Chers amis, sachez que chez-nous, c’est chez-vous.
Merci !
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La terre de Justin
Le 13 août 1855, Justin acquiert 100 âcres
de terre à Balmoral. Au dire de certains, Justin aurait été le premier colon à enregistrer une terre à Balmoral.
Justin décède le 13 février 1887; Marguerite était décédée depuis le 4
septembre 1879.
Une nombreuse descendance leur survivra… |
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La population de Balmoral
La population actuelle de Balmoral est d’environ
2000 habitants. Balmoral serait le plus long village au Canada : 13 km.
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