C’est le 15 octobre 1995 à Québec sur le campus de l’Université Laval que s’est tenue la réunion de fondation de l’Association des descendants de Claude Lefebvre dit Boulanger en amérique.

 

Cette rencontre avait été préparée par un comité provisoire mis sur pied un an plus tôt par des gens profondément intéressés à l’histoire de notre ancêtre.  Madame Louise Boulanger, messieurs André Boulanger (président provisoire), Claude Boulanger, Gérard Boulanger, Émilien Larivière et Benoît Boulanger formaient ce comité.

 

Lors de cette journée de fondation, les organisateurs ont présenté le projet d’association, sa structure et le fonctionnement visé.  Ils ont dévoilé le blason et expliqué sa signification.  Par la même occasion, on a rendu hommages à notre ancêtre, son épouse et à ses descendants.

 

Dans la première publication du bulletin de liaison La Fournée, à la rubrique « Mot du président », monsieur André Boulanger proposait une réflexion originale sur notre ancêtre et ce regroupement de ses descendants et dont voici le texte :

 

«L’ancêtre Claude était heureux!»

 

Au soir du 15 octobre dernier, après le départ des derniers Boulanger de l’université Laval, alors que les ultimes au revoir étaient lancés, je me suis retiré dans le calme et la solitude de ma demeure, mais un sentiment étrange m’accompagnait. L’ancêtre me suivait pas à pas et il me semblait qu’il voulait faire un brin de causette. Comment refuser pareille intimité à un être à qui nous devons tous notre existence en cette terre d’Amérique? Sans hésitation, je lui ai laissé toute la place dans ma tête et dans mon cœur. Claude, nous étions là pour vous. Avez-vous des commentaires à nous adresser?

 

Il m’a longuement entretenu de sa vie de pionnier en cette Nouvelle-France. Il a vu des Iroquois massacrer de ses voisins, il a vu des femmes mourir en couches, il a vu des enfants transis dans la neige, il a vu l’eau bénite gelée dans le bénitier de son église de l’île d’Orléans, il a vu des récoltes ravagées par les insectes, il a vu le désespoir accroché aux portes de sa maison. Mais il a tenu le coup... parce qu’il savait que nous serions là quelques siècles plus tard et il ne voulait pas nous décevoir. Il est parti quand les racines de la famille furent bien implantées dans le sol nouveau de Saint-François. Voilà un ancêtre courageux! Que nous sommes fiers de lui!»

 

Au soir du 15 octobre dernier, il me l’a dit, il était bien fier de s’allonger le bras hors du temps pour nous remettre le flambeau de la race. Il savait que désormais quelqu’un de sa descendance allait continuer son œuvre ici et il pouvait alors retourner calmement dans les replis de l’histoire.

 

Si je m’appuie sur les commentaires recueillis ce 15 octobre, nous ne laisserons pas longtemps notre ancêtre dans l’oubli. Au cours des années qui viennent, il sera convoqué chaque fois que des Boulanger se réuniront pour fêter. Il sera, d’office, le président d’honneur de nos fêtes.

 

Plusieurs m’avaient répété que les réunions de retrouvailles étaient l’affaire de quelques vieux nostalgiques à la recherche du temps passé. La rencontre du 15 octobre nous a fait la preuve du contraire. Les participants se recrutaient dans tous les groupes d’âge. Bien sûr, il y avait des aînés, des gens d’âge mûr, mais on comptait également beaucoup de jeunes dans la vingtaine et la trentaine. Voilà un signe de vitalité et un gage d’espoir pour notre association naissante. Déjà la relève marche dans nos rangs et nous pouvons compter sur son appui.

Que c’est merveilleux de vivre pareils moments!

 

Ce n’est qu’un départ, d’autres moments privilégiés nous attendent tous au détour du chemin...

 

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