Le concepteur a privilégié une des formes de l’écu ancien pour indiquer que les origines de la famille remonte à quelques siècles dans le temps. Il est bon d’ajouter que le bandeau et le listel sont de la même époque. L’ensemble s’inscrit dans une forme rectangulaire facilitant ainsi la reproduction des armes pour différents usages.

Les meubles

Au premier plan et bien en évidence, on aperçoit une gerbe de blé d’or. Elle représente la famille de l’ancêtre venu s’établir en Nouvelle-France dans la décennie de 1660. Bien implantée sur un sol verdoyant, cette gerbe s’est enracinée sur l’Île d’Orléans et elle a grandi portant de nombreux fruits. Cependant, on notera quelques grains minuscules, ils représentent les enfants qui sont décédés en bas âge et qui n’ont pas eu de descendants.

Comme cette gerbe de blé, plus développée que les autres, occupe le plan central du blason, elle se veut d’abord un hommage à l’œuvre de l’ancêtre en ce pays et elle marque également le début de l’implantation de notre famille en terre d’Amérique.

Un peu en retrait et poussant dans l’ombre de la première gerbe de blé, on en retrouve deux autres qui représentent les familles Lefebvre et Boulanger dans ce pays. Elles son nées de la semence de la première et elles en sont la continuité et le prolongement naturel. Puisqu’elles poussent assez près l’une de l’autre, il sera tout à fait normal qu’elles se croisent au cours des années. Elles poussent dans le même sol où l’ancêtre qui leur a donné l’existence.

Ce champ de blé épouse une forme un peu courbée pour illustrer le caractère insulaire du lieu où la scène se passe. L’Île d’Orléans est le berceau de notre famille sur ce continent américain. Comme on aperçoit en fond de scène les eaux du fleuve, ceci indique bien que la terre de l’ancêtre était sise à Saint- François de l’Île d’Orléans où il s’est établi en 1667, recevant une concession du premier Évêque de Québec Mgr François de Laval.

Quant au grand fleuve, il se prolonge jusqu’à l’horizon pour se jeter dans la mer. Depuis son Vigny natal, par delà les flots, c’est le trajet que l’ancêtre a parcouru pour s’établir en Nouvelle-France

Au ciel clair de la Nouvelle-France, domine la fleur de lys, symbole de nos origines françaises. On sait que la fleur de lys fait partie des armoiries des rois de France depuis Charles le Chauve vers l'an 840. Il y avait une fleur de lys sur la bannière de Louis VII, roi de 1137 à 1180. Quand Samuel de Champlain fonda Québec en 1608, il y avait une fleur de lys sur le drapeau du souverain régnant Henri IV. Quand l'ancêtre Claude s'est établi à l'Île d'Orléans, le roi Soleil, Louis XIV fut le dernier roi de France a utilisé la fleur de lys sur ses armoiries.

Bandeau et liste

De par leur position dans le bandeau, les patronymes Lefebvre et Boulanger revêtent la même importance et sont placés dans l'ordre chronologique de leur utilisation par les familles des ancêtres.

La devise résume bien la vie de l'ancêtre et de ses descendants: une vie qui s'est déroulée au rythme des saisons, des semailles à la moisson. Ces semeurs d'espérance ont mis leur confiance dans cette nature forte du Québec, qui ne s'est jamais démentie.

Symbolique

Si on a voulu donner autant d'importance à la gerbe de blé, c'est que son produit est à la base de la survie humaine: le pain. Que l'ancêtre fût ou non un boulanger de métier, la question n'est pas là, il fut un semeur et du travail de ses mains, ont été nourris ses enfants.

Ce n'est pas un hasard si, dans la transparence des épis, on voit le sol, la mer et le ciel. On veut signifier par là que ces trois éléments ont fait partie intégrante de la vie de nos pionniers: le sol pour la nourriture, l'eau pour le transport et le ciel comme ultime espérance.

On notera aussi que les épis sont seuls dans le décor. Par ce fait, l'auteur a voulu indiquer par là l'immensité du territoire de la Nouvelle-France et la grande solitude qu'ont connue nos ancêtres.

André Boulanger, concepteur
Québec, août 1995


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