1641-1679
Seigneurie de Beaupré: Château-Richer (suite 1)
Texte de Raymond Bélanger 

Au tout début, François s'associa à Macé Gravel, son voisin, pour déserter cette terre dont la rente était de 20 sols par arpent de front auquel il devait ajouter le cens, soit deux deniers par concession, 12 par arpents de front et de trois par arpent en superficie. Cette entente se termina avant 1648 puisque Noël Jucherau, décédé cette année et procureur de la Cie de Beaupré à cette époque, mit fin à celle-ci. Comme François n'avait pu rendre la pareille à son voisin pour des raisons inconnues, il dut rembourser en argent la part de Macé Gravel. Il s'engagea, devant Maître Auber le 24 mai 1655, à remettre pour chaque arpent défriché la somme de 100 livres. Cette obligation de 350 livres sera remboursée partiellement le 22 décembre 1658 (298 livres) et totalement le 23 mars 1660 (52 livres) devant le même notaire. C'était la deuxième fois que François hypothéquait sa terre en garantie de remboursement. Il avait contracté une telle obligation en 1647 avec Pierre Legardeur de Repentigny lors de l'achat de deux poinçons de blé à raison de 80 livres par poinçons.

Lors de son existence, François hypothéqua sa terre deux autres fois. Le 23 septembre 1669 (Becquet), à la maison du Sieur
Denis Loignong, bourgeois de Québec, lui et son épouse constituaient en faveur de Charles Aubert de la Chesnaye une rente annuelle de 55 livres 11 sols 2 deniers sur une somme de 1000 livres " à raison du denier 18 (5.5% d'intérêt) et qu'ils employèrent à l'ogmentation tant des bastiments que déserts et descouverts qui sont présentement sur la dicte habitation…. ". François déclare alors qu'il n'a aucune dette, aucune hypothèque. En cas de non-paiement, le créancier aura droit de saisir les biens et le débiteur pourra les racheter en autant qu'il remboursera les arrérages et les frais légaux encourus.

Le 29 juin 1671 (au bas de l'acte ci-dessus), François remit 100 livres sur le principal et 98 livres 7 sols 7 deniers d'arrérages de rente. En présence des témoins Jean-Baptiste Gosset et Claude de la Serre, son créancier le décharge alors de ses obligations envers lui. À ce contrat, lit-on dans l'acte, était aussi attachée la copie de concession des seigneurs de Beaupré de 1650. Elle a dû être retirée lors de la quittance par François puisqu'on ne la retrouve pas aux archives judiciaires.

comme les bestiaux avaient déjà été vendus et que du produit de cette vente il restait la somme de 720 livres 8 sols, les parties convinrent que cette somme serait remise à Charles Aubert de la Chenaye sur et en desduction de ce qui luy peut estres deub, par l'intermédiaire de Geneviève Trépagny qui s'en est chargée pour payer ledit Sieur de la Chenaye….. …..touttes desdittes partyes ont vendu et cedde chacunes leur part desdits meubles au dit Louis et Jacques Bellenger pour le prix et somme de cent livres et une vache que le dit Louis Bélanger devait payer à ses cohéritiers ou bien au Sieur de La Chesneaye à leur décharge…….. ".
(Jacob, 22 avril 1698).