Louis Jobin est né le 26 octobre 1845 à Saint-Raymond, dans le comté de Portneuf. Il quitte le nid familial à 14 ans pour aller travailler avec l’un de ses oncles, sculpteur sur bois. Le milieu du 19e siècle était l’époque des grands navires de bois; le travail ne manquait pas. Malgré cela, il envisage devenir peintre. Vers l’âge de 20 ans, l’abbé Lacasse, le convainc de devenir apprenti auprès du maître-sculpteur François-Xavier Berlinguet, établi à Québec.
Après trois années d’apprentissage dans l’atelier de Berlinguet, son art l’amène à New York où il se spécialise dans la fabrication d’enseignes commerciales, faites de bois à cette époque. En 1870, il revient à Montréal. Il y fabrique surtout des enseignes. En 1876, il s’établit à Québec. C’est à cette époque qu’il sculpte Notre-Dame-du-Saguenay, une statue géante en bois recouvert de métal, installée le 15 septembre 1881 sur le cap Trinité.
En 1896, son atelier étant incendié, il vient s’installer à Sainte-Anne-de-Beaupré. Les nombreuses sculptures à exécuter pour le parc de la basilique l’ont incité à venir s’y établir. Désormais, considéré comme statuaire, il se consacre presque exclusivement à l’art religieux.
La qualité de son travail lui attire des éloges. Marius Barbeau, ethnologue au Musée National du Canada dit des anges de Jobin «qu’ils ont quelque chose d’aérien, de céleste.» Arthur Lismer, un peintre du Groupe des Sept, s’exprime ainsi en voyant un ange à l’extérieur de la boutique de Jobin, «Superbe, comme Michel-Ange !»
Louis Jobin meurt à Sainte-Anne-de-Beaupré le 11 mars 1928. De ses biens, de son atelier et de ses autres dépendances, rien n’a été conservé. Pauvre, malgré les milliers d’œuvres qu’il a exécutées, il a été inhumé discrètement dans une fosse commune.