La Société d'histoire et de généalogie
des Hautes-Laurentides
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  L'Art de laisser des traces...

Le développement durable, ce n'est pas seulement pour la forêt ! Il est aussi important de laisser des traces par l'histoire que par des coups de pinceaux !

Denise Florant-Dufresne

Témoignages du passé


La famille Maillé, en 1962
par Denise Maillé

Entrevue réalisée par Annie Généreux.

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J'ai choisi ma grand-mère maternelle, Denise Maillé, pour réaliser ce travail, à l'époque où elle habitait encore chez ses parents, soit en 1962, 17 ans après la Deuxième Guerre mondiale. Elle habitait Mont-Laurier, en 1962, dans la partie de cette ville qui était la plus rurale. Leur maison était une petite maison qui a appartenu au père de son père, soit la maison paternelle. Elle contenait trois chambres, une cuisine et un salon. Ils avaient un grand terrain et sur celui-ci habitaient des poules et un chien. L'eau courante était existante, mais pour l'eau chaude, ils devaient la faire chauffer sur le poêle à bois et il n'y avait pas de bain dans leur maison. La famille Maillé est composée des deux parents, soit Alfred Maillé âgé de 41 ans en 1962 et Thérèse Gagnon âgée de 39 ans à la même époque. La première fille de la famille est Alfrèda qui a 20 ans, la seconde Denise, ma grand-mère, 17 ans, la troisième Lise, ayant 14 ans. Voici le premier garçon de cette famille, Gilles qui a 12 ans et qui est suivie d'une autre fille, Yvonne, 8 ans. La famille n'est complétée qu'en 1964 avec le dernier enfant, Daniel. L'occupation de la mère est bien sûr femme au foyer vu que le mari est bûcheron et qu'il n'est pas souvent à la maison.

Leur statut économique est plutôt pauvre. Les plus vieilles ont du lâcher leurs études pour aider la famille à gagner de l'argent. Elles travaillaient des dix heures par jour, six jours sur sept. Cet argent appartenait tout à leur père. Il ne leur laissait même pas cinq sous pour s'acheter un chip ou une liqueur. Les 4 filles essayaient de s'aider tant pour les tâches ménagères que les études. Donc, la coopération avait lieu dans cette famille. Les deux plus vieilles travaillaient et la troisième a lâché l'école pour aider à sa mère puisque celle-ci qui est très malade et souvent hospitalisée. Vu que ceux-ci étaient pauvres, leur grand-mère leur donnait quelques sous pour s'acheter des petites surprises ou des bonbons. Tous allaient dépenser leur petite réserve d'argent tandis que ma grand-mère, Denise, elle, gardait tout ce que sa grand-mère lui donnait. Son père lui a dit un jour : vient Denise, on va aller placer ton argent à la banque pour ne pas la perdre. Lorsqu'elle a vu quelque chose qu'elle voulait s'acheter, son père lui a refusé vu qu'il était tuteur sur son compte bancaire et un peu plus tard, lorsque que leur voisin vendait un vélo, ils leur ont offert et son père lui a dit : on va retirer 25$ de ton compte, on va acheter un bicycle. Elle était toute contente de pouvoir avoir un vélo, car ils n'en avaient jamais eu. Mais, elle n'a jamais pu lui toucher, car son père disait que ceci n'était pas bon et c'est son frère qui en a hérité. Donc, elle s'est privée à chaque fois que sa grand-mère lui offrait de l'argent pour pouvoir se gâter et son père a profité de son argent pour payer un vélo à son gars. On peut voir que c'était des gens pas riches et qui dans le fond profitaient de l'argent des autres. De plus, ma grand-mère n'a pas tellement connu les jouets. Elle et sa sœur, au lieu de pouvoir avoir des jeux, quand le catalogue des fêtes arrivait, elles découpaient les poupées. Les pages qui ne servaient pas servaient à faire leur banc d'école à la maison ou le sofa. Un moment donné, elle a eu comme cadeau une poupée, mais elle n'avait pas de carrosse pour la promener alors, elle lui en a fabriqué un avec des boîtes à chaussure et lui passait une corde, qui servait pour la viande, pour la poignée. Elle s'amusait à la promener dehors, mais avec le sable et les roches la boîte à chaussure était à recommencer. Un autre cadeau qu'elle a reçu de la parenté de sa mère est des patins à glace. Très heureuse de pouvoir patiner à la patinoire municipale pour essayer son nouveau cadeau, elle demande à son père d'y aller. Son père n'a pas voulu car il dit que l'endroit manque de surveillance et qu'il y a beaucoup de petits garçons. Donc, il lui dit : Tu patineras devant la maison. Devant la maison, il se trouve qu'il n'y a pas de glace et qu'il y a de la neige par-dessus les patins, alors ma grand-mère a serré ses patins et elle n'en a jamais refait.










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Les soeurs Denise et Alfrèda Maillé

Pour agrandir fleche3.gif














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