La Société d'histoire et de généalogie
des Hautes-Laurentides
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  L'Art de laisser des traces...

Le développement durable, ce n'est pas seulement pour la forêt ! Il est aussi important de laisser des traces par l'histoire que par des coups de pinceaux !

Denise Florant-Dufresne

Témoignages du passé


La famille Piché, en 1944
par Gabrielle Piché, âgée de 79 ans

Entrevue réalisée par Justine Loyer.


J'entre dans l'appartement de ma grand-mère, situé à Saint-Agathe. Elle vient m'accueillir très affectueusement et je peux apercevoir du coin de l'œil la table qui est déjà prête à nous recevoir moi et mes abondantes questions. Je constate que ma grand-mère paternelle sera toujours aussi contente de revoir ses petits enfants. Elle est aussi toujours heureuse de pouvoir aider ceux-ci. Ma grand-mère, Gabrielle, est une femme épanouie et généreuse. Alors, je m'installe à la table, prête à écouter son histoire...

Il était une fois, une famille qui habitait le petit village d'Huberdeau. Cette famille comprend neuf enfants soit Juliette, Gabrielle, Réjeanne, Françoise, Henriette, Gaétan, Marielle, André et Alfred. Toutefois, cette famille aurait pu être plus grande puisque le premier enfant du couple, Réal, est décédé de la méningite quelques jours après l'accouchement. De plus, deux autres enfants, Gisèle et Gilles n'ont pas survécu à leur naissance. Cependant, ce n'est pas ces épisodes difficiles qui démoraliseront la famille. Les parents, Joseph Piché et Yvonne Desjardins vivent ensemble depuis le 3 juin 1925. Leurs deux premiers enfants sont nés dans leur première maison de Brébeuf. Mais, ils décideront, cinq ans plus tard, que cet endroit n'est pas approprié pour élevé leur future et grande progéniture. En 1930, ils font ensemble, l'acquisition d'une boucherie épicerie dans la rue principale d'Huberdeau.

En 1943, Yvonne a accouché d'un fils, mais il n'a toutefois pas survécu à sa naissance. Juliette et Gabrielle terminent leur diplôme de neuvième année. Elles ne peuvent pas cependant continuer leurs études comme l'aurait tant aimé Gabrielle. Les parents soutiennent qu'ils n'ont pas la possibilité de payer des études supérieures pour tous leurs enfants, et ne voulant pas faire de jaloux, ils les privent tous.

Nous sommes en 1944, c'est donc la fin de la deuxième guerre mondiale. Étant le soutien de la famille, le père n'a pas à y participer. Il a donc le devoir de rester au village avec sa femme pour y élever ses neuf enfants et faire fonctionner le commerce. Par contre, deux des oncles de Gabrielle sont convoqués à partir outre-mer. Cependant, leur bravoure se limitera à s'exiler dans les profondeurs de Sainte-Anne du Lac où ils y resteront tout au long de leur vie.










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