
Les ponts couverts jumeaux
de Ferme-Rouge ont une valeur
patrimoniale et touristique exceptionnelle.

Âgés de 105 ans, les ponts couverts de Ferme-Rouge nécessitent une sérieuse restauration.


L'Art de laisser des traces...Le développement durable, ce n'est pas seulement pour la forêt ! Il est aussi important de laisser des traces par l'histoire que par des coups de pinceaux !
Véritables joyaux touristiques, les ponts couverts jumeaux de Ferme-Rouge ont une valeur patrimoniale exceptionnelle. Uniques en Amérique, ils sont les seuls fruits, encore visibles, récoltés lors d'une tournée politique du ministre de la Colonisation en août 1901. Accompagné du président Rolland du chemin de fer du Nord, du maire Préfontaine
de Montréal et de huit journalistes nationaux, le ministre Lomer Gouin parcourt alors
les cantons du Nord. À cette occasion, les colons obtiennent la construction d'écoles
à Kiamika, à Rapide-de-l'Orignal et à Ferme Neuve où le nom du lac de la Vieille est changé pour souligner la contribution des Journalistes.
De leur côté, les pionniers des cantons Kiamika et Bouthillier se voient accorder l'érection des deux ponts couverts enjambant la Lièvre. Heureux de ne plus avoir à débourser 50¢ pour traverser la rivière sur le chaland à câble de la Ferme Rouge, ils fournissent le bois nécessaire alors que le ministère paye la main d'œuvre. Terminée en 1903, la construction
des ponts est toutefois assombrie par le décès d'Evrard Touchette, un jeune père de famille tombé des échafauds.
Les deux ponts couverts sont jumeaux mais non identiques. Le premier construit,
celui de la rive droite dans le sens du courant, mesure 50 mètres avec des poutres verticales moins espacées et un treillis de madriers chevillé. Celui de la rive gauche fait 77 mètres avec des poutres verticales plus espacées et un treillis de madriers cloué. Les entrées et les piliers centraux sont faits d'une cage de bois remplie de pierres. Les piliers centraux sont équipés
de brise-glace qui les protège des glaces printanières et du passage du bois dravé.
Centenaires depuis cinq ans, les deux œuvres sont des témoins privilégiés de notre passé et de notre identité régionale, depuis les premières coulées des érables jusqu'aux forêts colorées ou enneigées, en passant par le travail aux champs inondés de soleil, le rire des écoliers du rang, les balades de cyclistes et le passage des outardes.
Bien qu'ils illustrent régulièrement volumes d'art ou d'architecture, qu'ils aient obtenu
le statut de biens culturels protégés par le ministère des Affaires culturelles en 1990, les deux ponts couverts ont besoin d'une attention continue afin qu'ils soient photographiés ou peints
à des milliers d'occasions encore. À l'heure où notre relance économique entend donner
une solide assise à son volet touristique, les deux joyaux de Ferme Rouge méritent certes
une restauration aussi sérieuse que celles de la gare et de la cathédrale à Mont-Laurier.


