PANNEAU 7 Richelieu et Saint-Georges

LA RUE RICHELIEU APRÈS 1876

L'année suivant la conflagration de 1876, précisément le 10 août 1877, paraît une lettre dans le journal, Le Franco Canadien, dont voici quelques extraits : «Saint-Jean est devenue une très belle ville classée, après Québec et Montréal. Elle s'est sortie dans un si court espace de temps, victorieuse de son anéantissement. La rue Richelieu élargie (de 18 mètres) ressemble à un boulevard somptueux sur lequel on a fait surgir des palais superbes; elle est appelée à être animée par un commerce actif. Le projet de la création d'une promenade publique sur la grève du Richelieu va dans le sens du progrès». Signé : Un étranger. L'étranger, qui a beaucoup voyagé, suggère entre autres la création d'un îlot de verdure dans le prolongement de la rue Richelieu vers les casernes.

Rue Richelieu après 1876

 

Les édiles municipaux et les marchands se concertent pour donner à la rue Richelieu des airs de grande rue moderne. Ils confient aux architectes montréalais Resther et Roy la conception des édifices commerciaux de la rue Richelieu. Les nouveaux immeubles présentent un alignement continu de suites ou blocks de plusieurs magasins. Par exemple, la suite McPherson, comprise entre le 200 et le 206 Richelieu, comporte cinq magasins; la suite Langelier, comprenant les numéros 132 à 154 comporte aussi cinq magasins. La suite Larocque est pour sa part composée de deux immeubles portant les numéros civiques 179 à 199 Richelieu et 184 à 190. Ces trois premières suites subsistent encore; cependant les suites McDonough et Molleur ont été détruites depuis.

Les magasins logés au rez-de-chaussée arborent de grandes vitrines surmontées d'auvents amovibles de toile rayée; les étages supérieurs servent à des fins résidentielles. Voici le contenu d'une publicité parue dans Le Franco Canadien du vendredi 8 juin 1877, en page 4 :

T.A. & C.R.Cousins

ont le plaisir d'annoncer qu'ils viennent

d'entrer de nouveau dans leur ancienne place

d'affaires si spacieuse, située au coin des

rues Richelieu et Saint-Jacques, dans le

magnifique block McPherson...

Marchands en gros et en détail de provisions.

Saint-Jean P.Q.

Du réaménagement de la rue Richelieu, vers les casernes, naîtra le parc du Grand-Tronc, qui sera nommé parc Richelieu en 1906; devenu le parc Laurier, il a depuis beaucoup cédé de son espace et de sa beauté à l'usine de filtration.

 

Aux abords du pont Jones, dans la rue Saint-Charles, on retrouve l'hôpital laïque Sabourin, fondé par le docteur N.A. Sabourin, le père des avocats Sabourin. Cet hôpital ferme ses portes vers 1925 et loge aujourd'hui l'hôtel Richelieu.

 

À l'endroit où se trouve un dépanneur, le St. Johns Opera House a vécu des heures de gloire. Saint-Jean étant le pont commercial entre Montréal et New York, la vie culturelle johannaise reflétait l'importance d'un tel centre. Les bancs noirs et rouges de cette maison d'opéra ont été conservés et servent au jubé de l'orgue de la cathédrale de Saint-Jean.

 

Avec la venue des usines Singer, le 15 février 1904, le conseil de ville vote le permis de circulation d'un tramway électrique entre le canal et l'usine Singer qui reçoit ses marchandises par bateau. Ce tramway emprunte le tracé de la rue Saint-Paul; ce qui explique le pourquoi de cette rue spacieuse.