PANNEAU 6 Richelieu et Saint-Jacques

LA RUE RICHELIEU AVANT 1876

L'explorateur américain John Lambert, de passage à Saint-Jean en 1807, décrit la rue Richelieu qui s'appelait alors la rue Front, à cause de sa situation riveraine : «Le village de Saint-Jean ne comporte qu'une courte rue bordée de maisons dont la plupart sont des magasins et des auberges».

Deux ans plus tard, A. Gray, cartographe, situe quatre auberges dans la rue Front, «où la garnison voisine ne tarde pas à créer une atmosphère de licence. Il n'y a au début du XIXe siècle aucun établissement commercial sur cette rue sauf le magasin-général du loyaliste John Richardson et la tannerie de l'écossais James Mc Cummings».

Saint-Jean, lieu de transit des voyageurs et des marchandises, offre progressivement des services d'hôtellerie et de transport.

En 1815, Joseph Bouchette confirme les assertions de Lambert; il écrit : «Dorchester mérite à peine le nom de ville, ne comprenant pas plus de 80 maisons, la plupart servant de magasins. La majorité de ses habitants sont des immigrants américains qui ont prêté le serment d'allégeance à la couronne britannique; ces derniers tiennent les meilleures auberges de l'endroit et sont propriétaires des diligences qui circulent entre La Prairie et Saint-Jean, et de là vers les états du Vermont et de New York».

Après la guerrre de 1812-14, les activités militaires cédant le pas aux activités commerciales, une population plus stable s'installe. Vers 1836, "la ville compte alors un millier d'âmes et quelque 150 maisons. Elle s'étend de la rue Frontenac à la rue Saint-Charles, de la rivière aux rues Jacques-Cartier et Longueuil. Un chemin débouche vers le sud menant vers Lacolle et Odelltown". La rue Richelieu prend alors des airs de rue principale, longée de diverses boutiques. En 1841, on y dénombre 70 édifices résidentiels et commerciaux. La grand'rue devient grouillante des activités portuaires, militaires et commerciales de Saint-Jean.

Rue Richelieu avant 1876

 

En 1860, Le Franco Canadien annonce dans ses premières parutions de quatre pages les commerces suivants, entre autres : J.H. Porlier, épicier, F.-X. Langelier, marchandises sèches, H.E. Forbes, marchandises sèches et épicerie, David Lefebvre, marchand de chaussures, Whelan, bijoutier et photographe, Madame Perrault, modiste, et docteur Jacques, médecin. À cette époque, on ne relève pas d'édifices ayant façade sur la rue du Quai.

 

Les deux conflagrations que subit la rue Richelieu avant 1876 apportent des modifications majeures à son aspect initial : le 3 octobre 1867, un premier incendie rase cinq maisons avec hangars, écuries et dépendances entre les rues Saint-Jacques et Saint-Georges, côté ouest. Le pire incendie survient le 18 juin 1876, alors que la rue Richelieu disparaît complètement ainsi que le côté est de la rue Champlain. Cette catastrophe appelle un nouveau concept du centre-ville, ce à quoi le conseil d'alors répondra dans le sens du progrès.

 

Après le feu de 1876 Après le feu de 1876