PANNEAU 4 du Quai et Saint-Jacques

LES PONTS DE SAINT-JEAN

Au début du XIXe siècle, on traversait la rivière Richelieu, un obstacle naturel, en empruntant l'hiver, le pont de glace et l'été, un service de traversier dirigé par Ephraïm Mott, et ce dès 1797. Par suite de l'accroissement de la population et des échanges avec les marchés montréalais, ces moyens de communication deviennent insuffisants; les nouveaux besoins amènent la construction en 1826 d'un premier pont jeté sur les deux rives du Richelieu : le pont Jones.

Selon l'acte du 29 mars 1826, Robert Jones d'Iberville reçut l'autorisation de construire un pont à péage; entretenu et chaulé régulièrement par son propriétaire, il est surnommé le pont blanc. Ce pont suspendu relie la rue Saint-Charles, à Saint-Jean à la 8e Avenue à Iberville. Long de 540 mètres, à double voie, fait de bois, il possède un pont-levis qui enjambe le canal Chambly. L'unique poste de péage est établi près de la statue du Sacré-Coeur à Iberville.

Pont Gouin

 

Pour le traverser, il faut payer les tarifs indiqués sur un panneau de bois peint en gris. Mesurant 3 pieds sur 5 pieds, le panneau affiche qu'il en coûte 5 cents pour un charrette à quatre roues et son conducteur; 4 cents pour une bête à corne...et la vitesse est limitée au pas... sous une peine d'amende de 40 chelins courant. Ce panneau est retrouvé en 1937 dans le sous-sol de la Banque Nationale à Iberville; malheureusement on a brûlé cette relique du passé par inadvertance.

 

Ouvrage d'ingénierie conçu et construit par la firme anglaise Howe, ce pont est démoli en 1916. Il est un témoin de son temps; en effet, lors de Troubles de 1837, c'est du pont Jones qu'on échange une canonnade entre la cavalerie et les Patriotes.

 

Pont Jones

 

Sur le pont d'hiver, plusieurs sentiers s'entrecroisent selon la destination des voyageurs; cependant le sentier favori des piétons, le plus sûr et le plus coutumier, qui débouche à la rue Saint-Jacques sera choisi pour l'emplacement du futur pont Gouin.

 

Inauguré le 4 septembre 1916, nommé en l'honneur de Sir Lomer Gouin, alors premier ministre du Québec, le pont Gouin comporte une structure d'acier à double voie avec bascule à chacune de ses extrémités; celle enjambant le canal de Chambly est encore en fonction aujourd'hui.

 

Construit en 1958, sous le régime Duplessis et inauguré en 1966, sous le régime Lesage, le pont de l'autoroute de la Vallée des Forts porte le nom de Félix-Gabriel Marchand, premier ministre du Québec de 1897 à 1900. Ce pont est érigé à proximité du domaine de Beauchamp, propriété des Marchand, comprenant les lots 81-82-83-84 du cadastre de l'époque.

 

Le pont du Canadien Pacifique est érigé en 1886. D'abord en bois, il est reconstruit entre 1909 et 1911, en fer cette fois, ce qui en fait le plus vieux pont encore actif à Saint-Jean. Un autre pont ferroviaire, celui du Canadien National, érigé en 1858 dans l'axe de la rue Frontenac, permet le raccordement entre le Central Vermont et le Grand Tronc. Une locomotive traversant ce pont a vomi des étincelles qui ont causé la conflagration de 1876, ce qui lui a donné une triste renommée. Le pont en bois du CN sera démantelé en 1967.