PANNEAU 14 Saint-Charles et Notre-Dame

AUTOUR DU PALAIS DE JUSTICE

L'ouverture du Palais de justice de Saint-Jean en 1861 amène l'élite francophone à s'établir dans ce secteur. Bientôt, on voit surgir de magnifiques résidences d'influence victorienne, propriétés de notaires, d'avocats et de juges.

Le premier propriétaire du 125-127, rue Saint-Charles, l'avocat Charles-Joseph Laberge (1827-1874), est un acteur important de la scène politique de l'époque. Orateur remarquable, Charles-Joseph Laberge devient le premier député du comté d'Iberville, de 1854 à 1861. Maire de Christieville de 1855 à 1857, il sera maire de Saint-Jean de 1867 à 1869. Entre-temps, de 1863 à 1864, il occupe un poste de juge-assistant à Sorel. Avec Félix-Gabriel Marchand et Isaac Bourguignon, ses amis, il fonde en 1860 le journal Le Franco Canadien qui deviendra Le Canada Français.

Charles-Joseph Laberge fit construire en 1868 le corps principal de cette résidence, sise au coin des rues Saint-Charles et Notre-Dame. Arcade Decelles (1838-1902), marchand, fondateur de la maison Langelier et Decelles, conseiller et maire de Saint-Jean entre 1872 et 1879, acquiert la maison en 1872 et y ajoute une aile latérale d'égale importance. Construction qui s'inspire du style vernaculaire de la Nouvelle-Angleterre, cette maison en briques rouges possède quatre cheminées et une corniche qui arbore une dentelle de bois oeuvré.

Maison de F.-G. Marchand

 

En face, au 126 de la rue Saint-Charles, Félix-Gabriel Marchand (1832-1900) fait construire une imposante résidence de style second Empire, à fronton cintré avec un toit mansard percé de lucarnes. Personnage important de l'histoire locale et régionale, Marchand est notaire, journaliste, écrivain, officier de milice et politicien; il sera le premier député du comté de Saint-Jean à l'Assemblée législative du Québec de 1867 à 1900. Élu premier ministre du Québec le 11 mai 1897, il décède pendant son mandat, le 25 septembre 1900.

Son fils Gabriel, avocat, protonotaire et député de Saint-Jean à Québec de 1908 à 1910, fera ériger sur le terrain familial, au 134 rue Saint-Charles, une imposante demeure aux détails très ouvragés, influence du style Queen Anne.

 

Au coin des rues Longueuil et Saint-Charles, au 112 rue Saint-Charles, Alfred-Napoléon Charland (1841-1901), avocat et juge, construira une résidence en 1870. Elle s'apparente à la maison de Félix-Gabriel Marchand dont elle adopte les lignes avec un toit mansard et ses lucarnes cintrées à la mode victorienne. Elle arbore une galerie en façade.

 

Les dames de la Congrégation de Notre-Dame acquièrent en 1854 l'académie des Frères des écoles chrétiennes, sise sur le côté ouest de la rue Laurier. Édifice de belle facture, en pierres grises, il devient le pensionnat CND et formera un complexe institutionnel avec le nouvel édifice de l'École normale de Saint-Jean, érigé en 1938. Le vieux couvent sera démoli en 1973 pour faire place au gymnase de l'école secondaire Marguerite-Bourgeoys.