PANNEAU 13 Saint-Charles et Longueuil

LE PALAIS DE JUSTICE

Au milieu du siècle dernier, Georges-Étienne Cartier, alors premier ministre du Canada-Uni, divise le Bas-Canada en 21 districts judiciaires. Cette époque marque la construction de treize palais de justice au Québec, selon les plans de l'architecte en chef du département des Travaux Publics, F.P. Rubidge. Six de ces palais de justice, quasi identiques, subsistent encore; outre celui de Saint-Jean, nommons ceux de La Malbaie, Saint-Joseph-de-Beauce, Joliette, Montmagny, Cowansville et d'Aylmer.

Tirant magnifiquement parti de son site au bout de la rue Longueuil, le Palais de justice de Saint-Jean est érigé sur un terrain vendu à la corporation de la Ville de Saint-Jean, en mai 1858, par le baron de Longueuil, Charles James Irwin Grant. Cet établissement judiciaire est cédé au gouvernement du Canada-Uni en 1860. Les travaux de construction débutent en 1859 pour être complétés en février 1861. Le 6 mars suivant, le juge Polette arrive à Saint-Jean et procède à l'ouverture de la Cour, le lendemain, soit le 7 mars 1861.

D'architecture néo-classique, d'un style très dépouillé, le Palais de justice de Saint-Jean est un bâtiment d'une grande austérité; l'avant-corps central couronné d'un fronton, les chaînages d'angle, l'ordonnance et la symétrie de la fenestration en sont les seules décorations. En 1883, une aile à l'épreuve du feu est construite pour loger le greffe du protonotaire et en 1967, on fait un agrandissement vers l'arrière, du côté de la rue Notre-Dame.

Selon les plans et devis de l'époque, l'édifice comprenait une grande salle d'audience, des pièces pour les juges, les avocats et les jurés, et des bureaux pour les autres services judiciaires. On y retrouvait aussi un bureau d'enregistrement et une prison avec cellules réservées aux hommes et aux femmes. Doté de deux cours intérieures, c'était dans la plus petite qu'on installait la potence. L'histoire dénombre trois pendaisons à Saint-Jean.

En juillet 1993, débutent d'imposants travaux d'agrandissement de ce Palais de justice qui se terminent le 11 novembre 1994 alors que les services judiciaires réintègrent les nouveaux locaux.

Une fresque moderne orne le mur aveugle de l'entrée principale; elle réprésente l'oeil vigilant de douze personnalités qui ont accompli une oeuvre durable dans la région.