PANNEAU 11 Longueuil et Saint-Jacques

L'ÉGLISE CATHÉDRALE SAINT-JEAN-L'ÉVANGÉLISTE

En 1826, Mgr Bernard-Claude Panet, évêque de Québec, érige la paroisse Saint-Jean-l'Évangéliste. À l'instigation de Gabriel Marchand (1780-1852), notable et père de Félix-Gabriel, la paroisse se dotera d'une église en pierre qui sera inaugurée le 10 novembre 1828.

Cette première église construite selon un plan à la «Récollette», aura façade sur la rue Busby. Parée de deux tours peu saillantes, coiffées de clochers de forme octogonale, la façade comme l'ensemble de l'édifice s'inscrit dans le mouvement de l'architecture classique traditionnelle. Le décor intérieur est entrepris dès 1833 par la construction des autels latéraux pour être complété en 1846. Pierre-Salomon Marquette, sculpteur de Saint-Vincent-de-Paul, exécuta la chaire et possiblement le maître-autel que l'on conserve aujourd'hui à la sacristie. Cette première église ressemblait à la première église de Saint-Luc.

Église Saint-Jean-l'Évangéliste en 1866

Au milieu du XIXe siècle, la population johannaise quadruple. Vers 1858, la nécessité d'une église plus spacieuse donne le coup d'envoi à Victor Bourgeau, architecte influent du diocèse de Montréal et concepteur de quelques églises de la région (dont Saint-Grégoire et Sainte-Brigide d'Iberville) pour réaliser les plans d'une nouvelle église. En 1861, les travaux de maçonnerie sont confiés à John McNeil, et Félix Côté réalise la charpenterie et la menuiserie.

 

L'église est ouverte en 1866. Le nouvel édifice, dont le chevet est construit à l'intérieur des murs de l'ancienne église devenue sacristie, adopte le plan en croix latine. Les longs-pans et la façade sont faits de pierre de taille chanfreinée, ce qui constitue le seul décor stylistique de l'ensemble, hormis les créneaux qui couronnent la façade et le clocher d'inspiration romane. L'ensemble s'inspire de l'architecture néo-classique anglaise.

 

L'intérieur fut réalisé entre 1863 et 1888 : la chaire est l'oeuvre de L. Ouimette; la décoration artistique est du peintre François-Edmond Meloche, disciple de Napoléon Bourassa lequel a signé le tableau patronymique situé au-dessus du maître-autel dans le couronnement du rétable.

 

En 1923 des travaux majeurs sont effectués. La firme Bernier et Despaties reconstruit la façade dans le style Beaux-arts, le clocher central, puis fait la réfection des bancs et des planchers. Pour couronner ces travaux, on fait l'acquisition de cinq cloches dont le bourdon pèse 3795 kg.

 

L'église Saint-Jean-l'Évangéliste devient cathédrale en 1934, à la suite de la création du diocèse de Saint-Jean. Le premier évêque est Mgr Anastase Forget, ancien directeur du collège de L'Assomption.

 

Le premier presbytère, construit en 1830, sert à la fois d'habitation curiale et de salle publique. Le second presbytère, érigé en 1881 à côté de la sacristie, s'inspire des villas françaises de style second Empire. Ce bâtiment fera office d'évêché de 1934 à 1969, année de la relocalistion à Longueuil de la chancellerie et de la résidence épiscopale. Une section de cet édifice loge les Centres des services sociaux Richelieu, tandis que des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame résideront dans l'autre partie de 1970 à 1993. Aujourd'hui l'évêché est devenu le Centre Mgr Forget, une résidence pour personnes âgées autonomes, et la propriété de la firme Prairie.

 

En 1956-57, on confie à l'entreprise Jean-Paul Trahan la construction du presbytère jouxtant la cathédrale, selon les plans de l'architecte Félix Racicot.

 

En 1988, le presbytère de la rue Jacques-Cartier retrouve sa fonction d'évêché par l'installation de l'évêque auxiliaire.