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La ville de Saint-Hubert est située au sud du fleuve Saint-Laurent. Les montagnes de Saint-Bruno, de Saint-Hilaire et de Rougemont s'élèvent au nord-est. Son élévation est de vingt-sept mètres au-dessus du niveau de la mer. Elle compte aujourd’hui plusieurs milliers d’habitants. Elle a été érigée en municipalité en 1860. Mais avant d’accéder à ce statut, il a fallu deux cents ans d’efforts et une bonne dose de courage à quelques poignées de colons bien décidés à s’établir sur cette terre.

Les premiers établissements remontent à la seconde moitié du XVIIe siècle. Les colons qui s’installèrent au sud de Ville-Marie (Montréal) faisaient alors partie de la seigneurie de Longueuil. Celle-ci fut concédée à Charles LeMoyne, en 1657, en reconnaissance de services rendus à la métropole (la France) en tant que soldat, commis et interprète entre les Amérindiens et les Français qui négociaient des traités de paix. Grâce à ses exploits et à sa renommée, sa concession fut élevée au titre de baronnie quelques décennies plus tard.

 

            La paix conclue avec les Agniers (nation Iroquoise), en 1667, marqua le début de la colonisation de la seigneurie de Longueuil qui comprenait alors l’Ile Sainte-Hélène, l’Ile Ronde et la rive-sud de Montréal. Elle n’allait cesser de s’agrandir au cours des décennies suivantes.

 

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            Tout ce large territoire, dirigé efficacement par les barons de Longueuil, allait être le théâtre de nombreux événements qui sont passés à l’histoire. La colonie s’est développée malgré les menaces anglaises et iroquoises. Elle a vu défiler, non sans douleurs et pertes, les troupes de Phips appuyées par les Iroquois, qui ont attaqué Québec en 1690. Elle a senti la menace des garnisons anglaises entre 1709 et 1713. Son sol a été foulé par l’armée anglaise qui a remonté le lac Champlain, la rivière Richelieu et qui a pris Montréal et Québec en 1760, mettant ainsi fin à la domination française en Amérique. La seigneurie est alors passée entre les mains de William Grant, un Écossais qui épousa la veuve du troisième baron de Longueuil. Puis, la concession fut à nouveau au cœur d’événements importants lors de la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis, en 1774-76, alors que les troupes de Montgomery réussirent à remonter le Richelieu et à assiéger Québec. Des coloniaux, restés fidèles à l’Angleterre, s’installèrent dans la région. La population se diversifia.

 

            En 1791, le gouvernement britannique divisa le pays en Haut-Canada et Bas-Canada et imposa un régime constitutionnel qui ne plut pas aux Canadiens-français. L’insatisfaction du Bas-Canada augmenta sans cesse et la menace de l’union des deux Canadas gronda. La crainte de l’assimilation par les Anglais provoqua les rébellions des Patriotes (1837-38). Pendant toutes ces années, les Jacques Viger, Denis-Benjamin Viger, Papineau, Lafontaine, G.E. Cartier, et combien d’autres, s’activèrent. Longueuil était en ébullition et très favorable aux Patriotes, à tel point qu’elle fut le théâtre de la première révolte, en 1837.

 

            L'Acte d'Union fut proclamé en 1840. Les barons, descendants de Grant, ont perdu de plus en plus d’influence. La population s’est enrichie et a augmenté. Elle fut favorisée par la construction du chemin de fer. La paroisse de Longueuil devint incapable de desservir  toutes ses ouailles et l’église était depuis longtemps trop petite. En 1856, des paroissiens influents demandèrent l’érection d’une nouvelle paroisse entre Longueuil et Chambly. Leur désir se réalisa non sans problème. La première pierre de l’église de Saint-Hubert fut bénite le 27 juin 1858.

 

Source : Album-souvenir Saint-Hubert (1860-1985)