Chroniques de nos familles
par Renée Desautels.



Histoires de familles : les Savaria


En 1851, selon le recensement, Sainte-Julie compte seulement 13 Savaria dont l’un des « 77 », Louis (père), époux d’Amable Quintin. Son fils Amable, célibataire endurci, et sa fille Euphrasie, mariée à Jérémie Audet, vivent sous le même toit. Son fils Jean-Baptiste les voisine avec son épouse, Anastasie Senécal. C’est la même chose pour le couple Louis (fils) et Madeleine Ayet Malo, responsable des lignées qui mènent à Armand, Omer et Joseph (conjoint de Maria Girard). En 1871, le recensement indique qu’un autre fils de Louis et d’Amable, Joseph, est installé au village avec sa femme, Caroline Saint-Pierre; ils donneront naissance aux lignées de Joseph Emery, Ismaël, Herménégilde et Isaïe. En 2001, il y a plus de 55 Savaria à Sainte-Julie. Vous pourrez consulter leur arbre généalogique dans le livre du 150e.

La famille Savaria a toujours été très impliquée dans la vie de la ville et elle y participe encore de façon très active : environ une douzaine de marguilliers, autant de conseillers et quatre maires, Armand, époux de Laura Olivina Hébert, son fils, Louis-Armand, mari de Lucienne Beauchemin, et son petit-fils, André, marié à Rollande Plante et longtemps directeur-gérant de la Coop, ainsi que Maurice, fils de Joseph Emery (fils) et époux de Nicole Gemme. Pas étonnant que l’on retrouve le nom Savaria sur une rue, à l’hôtel de ville et à l’école secondaire.

Joseph Emery, fils de Joseph Emery et de Vitaline Nerbonne et mari d’Irène Dumaine, n’avait pas froid aux yeux et était doué d’une force peu commune. N’ayant peur de rien, il chassait les chats sauvages dans les arbres, les assommant à main nue. La plupart des granges encore dans le paysage julievillois ont été construites par Joseph Savaria, époux de Maria Girard et grand-père de Léo. Il disait toujours : « Tu me paieras quand tu pourras. » Il n’était pas payé souvent car plusieurs oubliaient et il n’était pas quémandeux.

Jean-Louis Savaria, fils de Louis-Armand et mari de Madeleine Pepin, cultivateur pendant environ 25 années, avait une terre qui donnait sur la rue Principale. Aujourd’hui, elle est partiellement occupée par le centre commercial du « Vieux Village »; le reste a été transformé en lotissements pour le développement domiciliaire dans les rues  Daoust, de Lorraine, de Bretagne, de la Savoie, Dieppe, Borduas, de Normandie, de Lanaudière, de Roussillon et d’Anjou. Jean-Louis devint donc contremaître pour la ville aux travaux publics. Vers la fin des années 60, il a participé à la création et à l’aménagement du parc Edmour-J. Harvey.  L’un des fondateurs du club « Les modélistes anti-gravité », il a construit plusieurs avions télécommandés qu’il aimait faire voler. Comme membre du comité du Patrimoine, il travaille intensément à la collecte de fonds pour restaurer l’église de Sainte-Julie et, comme citoyen julievillois, il collabore à l’organisation de plusieurs activités pour le 150e. Il est devenu un « fana » de l’ordinateur : il communique avec beaucoup de monde par Internet, il numérise les photos anciennes, il fait de la généalogie et il s’amuse beaucoup. Il est une ressource inestimable pour la communauté julievilloise, en particulier pour alimenter sa mémoire collective.  

Tous les Savaria de Sainte-Julie, comme tous ceux d'Amérique du Nord, partagent le même ancêtre, Jacques Savaria, né dans la paroisse de Saint-Étienne d'Ars, dans l'île de Ré, face à La Rochelle, probablement entre 1636 et 1646. On ne sait pas au juste quand il est arrivé en Nouvelle-France, mais il y était en 1664 car, cette année-là, il a reçu le sacrement de confirmation à Québec. Alors qu'il travaille comme domestique chez Toussaint Giroux à Beauport, le recensement de 1667 indique qu'il a 21 ans, ce qui laisserait croire qu'il est né vers 1646. Jacques se marie à Québec en 1672 avec Suzanne Lacroix, originaire du faubourg Saint-Laurent à Paris. Jacques et Suzanne ont neuf enfants dont six filles, Louise, Marguerite, Marie, Marie, Marie-Anne et Suzanne, et trois fils, Nicolas-Ignace dit Toussaint, Joseph et Jacques. Il est à remarquer que la troisième et la quatrième des filles se prénomment toutes deux Marie. Suzanne s'éteint le 14 décembre 1718 à Québec, à l'âge de 65 ans, après 46 ans de mariage. Six ans plus tard, c'est au tour de Jacques de quitter ce monde, le 18 mars 1724 à Québec, supposément à l'âge de 88 ans, ce qui supposerait qu'il est né vers 1636 ! 1636 ou 1646 ? Petite énigme à résoudre pour un généalogiste acharné.

C'est le fils, Joseph Savaria, qui a donné naissance à la lignée que nous retrouvons à Sainte-Julie.

Renée Desautels, généalogiste

 

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