Chroniques de nos familles
par Renée Desautels.

 


Histoires de familles : les Lamoureux


Louis Lamoureux
, d’origine inconnue, arrive en Nouvelle-France au début de la colonie. Il est confirmé à Québec le 3 juin 1664 alors qu’il a probablement 25 ans. Vers 1668, il quitte la région de Québec pour une terre dans la seigneurie de Longueuil. Il y épouse la même année Françoise Boivin, originaire de Normandie. En 1681, la famille Lamoureux s’établit dans la seigneurie du Tremblay à Boucherville. Elle s’enrichit de 10 enfants dont seulement deux garçons, Jean-Baptiste et Adrien, assureront la postérité. Adrien Lamoureux, marié à Denise Véronneau le 6 avril 1693 à Boucherville, est à la tête de la branche qui mène à Jean-Baptiste Lamoureux. On retrouve ce dernier à Sainte-Julie, alors qu’il est âgé de 22 ans, avec son épouse, Célina Gauthier et son fils d’un an, Philias. Ce sont les deux seuls Lamoureux présents en 1851. Or, en 2001, il y a une cinquantaine de Lamoureux julievillois. Descendent-ils tous du couple Jean-Baptiste-Célina ? Probablement pas.

En effet, le couple perd plusieurs enfants. En réchappent Jean-Baptiste fils et Aimé. Jean-Baptiste Lamoureux fils, uni à Cordélie Riendeau le 15 juillet 1884 à Sainte-Julie, a quatre filles qui s’y marient ainsi qu’un garçon, Joseph-Léopold, marié à Émilienne Huet, qui ne semble pas avoir eu d’enfant baptisé à Sainte-Julie. De son côté, Aimé Lamoureux et sa femme, Aglaé Berton, mariés le 8 novembre 1887 à Sainte-Julie, ont trois fils qui décèdent en bas âge et une fille. Je n’ai pas trouvé de descendant de ces deux couples résidant à Sainte-Julie.

D’où viennent donc les Lamoureux contemporains qui sont de souche ? Eh bien ! apparaissent au recensement de 1901, Arthur Lamoureux et Victorine Charlebois, mariés le 12 janvier 1891 à Saint-Mathieu-de-Beloeil.  Arthur descend de la branche issue du couple Jean-Baptiste Lamoureux, fils de Louis et Françoise, et Marie Gareau, unis le 2 décembre 1690 à Boucherville. Arthur et Victorine élèvent leur famille de 10 enfants sur leur terre du Rang des 27 (chemin de Touraine). Leur fils Pierre n’a que 14 ans quand il quitte le nid familial pour travailler à Boucherville sur la ferme d’un cousin de sa mère, Joseph Charlebois. Quel bonheur ! il y rencontre la jeune sœur de Joseph.  Pierre Lamoureux et Bernadette Charlebois convolent le 27 octobre 1914 à Sainte-Julie où ils s’établissent sur une terre du Rang des 27, sur le bord du ruisseau à la limite de Saint-Amable. Ils cultivent des pommes de terre qu’ils vendent aux communautés religieuses. Pierre devient barbier et plusieurs membres de la famille participent à de la couture à domicile. En 1942, Pierre achète une terre au village; la maison, rénovée, s’y trouve encore, au 1625 rue Principale. En 1944, il vend sa terre du Rang des 27 à Louis Burelle et toute la famille emménage rue Principale. Le voilà maintenant laitier et son épouse est responsable de la centrale téléphonique installée à la maison jusque vers le début des années 60. Après avoir été conseiller de 1938 à 1947 et aussi commissaire d’école, Pierre est élu maire de Sainte-Julie en 1951 et le sera jusqu’à sa mort le 1er janvier 1959. On se rappelle de lui comme d’un homme doux, bon, serviable et très adroit. Plusieurs rues julievilloises ont été nommées en l’honneur de membres de sa famille : Lamoureux, Bernadette, Pierre (l’un de ses fils, conseiller lui aussi) et Robert (un autre fils).

De nos jours, plusieurs familles Lamoureux habitent sur la rue du même nom, sur les terres ancestrales. Ainsi, l’une des petites-filles de Pierre et Bernadette, Micheline Saint-Pierre-Williams, s’occupe de ses fleurs là où autrefois elle faisait les foins et cueillait des fraises. Qui dit mieux ?


Pierre et Bernadette, l’année du 100e anniversaire de Sainte-Julie


Renée Desautels, généalogiste

 

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