Chroniques d'histoire
par Guy Perron

 

 


La naissance d’une paroisse : la période varennoise


Même s'ils ont été sollicités à deux reprises par les paroissiens de Saint-Mathieu de Beloeil, c'est à la paroisse de Sainte-Anne de Varennes que les habitants du Grand Coteau sont rattachés officiellement en 1832. Dix ans plus tard, les futurs Julievillois
songent à s’en séparer.

Une première requête en ce sens est expédiée en 1843 à Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal. Cette idée d’indépendance ne date pas d’hier car, au milieu du 18e siècle, un document faisait état que les habitants de la « profondeur de Varennes » demandaient la construction d’une église. D’ailleurs, leur requête est très explicite : « Depuis longtemps, et  aujourd’hui plus que jamais, nous sommes convaincus de la nécessité d’avoir une église, au  moins une chapelle, au Grand Coteau dans le lieu le plus central ».

Plusieurs considérations motivent les 99 signataires et  " habitants de l'endroit vulgairement nommé le Grand Coteau de Varennes "  notamment l’éloignement des églises de Varennes et de Beloeil, des chemins longs et pénibles à franchir en certains temps de l’année, des enfants de 15 à 16 ans qui n’ont pas encore communié, d’autres de 10 à 12 ans qui ne sont jamais entrés dans une église alors que ceux de 3 à 4 ans ne vont pas à confesse. Dans de telles conditions, comment peuvent-ils avoir à cœur le Salut de leur âme ?

Cette requête de 1843 est suivie de nombreuses autres. Se croyant trop peu nombreux pour persuader leur évêque du sérieux de leur requête, les gens du Grand Coteau tentent à chaque fois de s’adjoindre les habitants des rangs limitrophes des paroisses de Varennes, de Beloeil et de Saint-Bruno. De plus, ils comptent sur l’appui de plusieurs notables de Varennes de même que de trois des marguilliers  de la paroisse de Sainte-Anne. Cependant, ils ont à faire face à une vive opposition de la part du curé de Varennes lui-même, messire Joseph Primeau. Dès lors, on peut parler véritablement d’une lutte pour l’obtention d’une paroisse. Il suffit de lire la correspondance échangée à ce sujet pour s’en convaincre !

Malgré l’opposition du curé Primeau, Mgr Bourget répond favorablement à la requête des gens du Grand Coteau. En 1848, il autorise par décret que soit érigée « la chapellerie de  Saint-Joseph en la concession du Grand Coteau ». Ce décret précise que malgré la permission de bâtir une chapelle, les gens du Grand Coteau vont continuer à appartenir à la paroisse de Sainte-Anne de Varennes. Le nom de Saint-Joseph est donné à cette chapellerie à la demande du curé Primeau pour commémorer la mémoire de son oncle, le grand-vicaire Joseph Deguise, ancien curé de Varennes.

Malgré cette demi-victoire, les gens du Grand Coteau se mettent immédiatement à l’œuvre pour obtenir un terrain et procéder aussitôt à la construction de cette première chapelle qui, au grand dam du curé Primeau, ne fut jamais ouverte au culte sous le nom de Saint-Joseph.

À suivre…

Guy Perron, archiviste-historien


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