Chroniques d'histoire
par Guy Perron

 


Je veux savoir…parce que j’en fais partie !

La tragédie du 28 décembre 1929 à Sainte-Julie.
Une grange s’écroule et quatre personnes
meurent ensevelies dans le grain.


Voici comment était titré l’article paru dans le journal La Presse, édition du 29 décembre 1929. Revivons l’événement.

L’opération du battage de grain s’achève alors que 300 sacs de grain sont entreposés dans la remise de Lionel Pepin sur la terre qu’il loue de Mme Philias Blain (aujourd’hui le Centre d’achats du Vieux-Village sur la rue Principale). Il est 18 heures, le samedi 28 décembre, et la besogne va bon train. Tout à coup, un craquement se fait entendre à l’intérieur de la remise et… en un éclair, la poutre du coin sud-est du plancher supérieur cède et cause un effondrement : six personnes qui s’y trouvent, sont englouties complètement sous l’amas d’avoine.

« L’Angélus n’était pas sonné quand le plancher s’effondra », raconte le jeune Antonio Savaria, l’un des deux rescapés. Emprisonné avec Mme Pepin sous une Sainte-Catherine (voiture d’hiver) servant de bouclier protecteur, ils réussissent à se dégager avant que l’avoine ne tombe sur eux en quantité considérable et que l’asphyxie accomplisse son œuvre. Âgée de 25 ans, Marie-Rose Savaria, épouse de Lionel Pepin, est gravement blessée aux jambes.

Attirés par ce bruit, Albert Provost et Lionel Pepin entrent dans la remise mais n’y voit que l’avoine. Toutefois, ils peuvent entendre les cris affreux des victimes qui râlent leur désespoir en se défendant contre l’implacable asphyxie. À mesure qu’on dégage les victimes sous six pieds d’avoine, le Dr Uldéric Jodoin, arrivé en toute hâte sur les lieux, ne fait que constater la mort. Le curé Lafrance donne l’absolution aux quatre victimes. « Une atroce agonie avait crispé la face de ces quatre jeunes victimes », écrit-on.

Les victimes sont : Benoit Blain, un écolier de 12 ans, engagé pour les vacances des fêtes ; Armand-Ismaël Savaria (frère d’Antonio), 18 ans, Magella et Georges-Aimé Pepin (frères de Lionel), âgés respectivement de 18 et 17 ans.

D’imposantes funérailles leur sont faites le 31 décembre car c’est un deuil paroissial. Tous les paroissiens de Sainte-Julie se rendent à l’église afin d’exprimer par leur présence et leurs prières, une profonde sympathie aux familles Blain, Pepin et Savaria. Sous le catafalque sont déposés les quatre cercueils. Le curé Albert Lafrance fait la levée des corps, tandis que l’abbé Jean-Paul Savaria, cousin du jeune Savaria, chante le service. C’est à 10 heures que se déroule le dernier chapitre d’une tragédie dont le souvenir demeure inoubliable pour les habitants de Sainte-Julie.

Guy Perron, archiviste-historien

 

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