Chroniques d'histoire
par Guy Perron

 



Un soleil nommé Julie


Par son décret du 24 octobre 1848, Mgr Ignace Bourget permet ainsi la construction d’une chapelle en bois de 70 pieds de long par 40 pieds de large. Mais, le bonheur de M. Primeau, curé de Varennes, de voir naître la chapellerie de Saint-Joseph est de courte durée. En effet, douze jours après l’émission de ce décret, un acte de donation vient en quelque sorte le contredire.

Pour la plus grande gloire de Dieu, dame Julie Gauthier dit Saint-Germain a un désir pieux : celui de procurer aux habitants du Grand Coteau de Varennes l’avantage « de pouvoir  rendre à Dieu plus facilement et plus  assidûment le culte d’adoration qu’ils lui doivent ». Pour ce faire, elle fait don à la Fabrique de la paroisse de Sainte-Anne de Varennes d’un lopin de terre de six arpents en superficie (sans bâtisse, mais en culture) situé au sud du chemin de la Reine du second rang du Grand Coteau.

C’est dans un acte notarié que la donatrice, veuve de Pierre-Eustache Lussier (fils du seigneur Paul Lussier), élabore ses propres conditions :

  • que la moitié du terrain est donnée à l’instant et l’autre le sera quand « ledit lieu du Grand Coteau sera érigé en paroisse civilement et canoniquement » ;
     

  • que soient bâtis les édifices suivants : une église ou chapelle, une sacristie, un presbytère, une maison d’école, un cimetière et une maison pour le bedeau ;
     

  • que la donatrice y ait un banc gratuit et que son corps y soit inhumé dans les voûtes aux frais de la paroisse ainsi qu’un service funéraire ;

    et,
     

  • que lorsque le Grand Coteau sera érigé en paroisse « canoniquement et civilement », il le soit sous l’invocation de Sainte Julie, sa bienheureuse patronne.

Voilà les raisons expliquant le changement de vocation de ce qui devait être qu’une  chapellerie pour en arriver à la fondation future de la paroisse Sainte-Julie. Le curé Primeau ne s’en remit jamais ! Dans une lettre qu’il écrit à Mgr Bourget, trois ans plus tard (1851), il se désole : « […] mais plus de chapelle dédiée à Saint-Joseph !! L’obéissance m’impose un  devoir et ce moment de bonheur m’étant enlevé, je me rendrai, au premier ordre de votre  main, à Ste-Julie pour bénir la Chapelle et y dire la messe ».

Par cette donation, Julie Gauthier va permettre l’édification d’un temple dédié à Julie, sa sainte patronne. Née à Carthage, cette vierge est martyrisée en Corse en 429 pour avoir refusé de sacrifier aux dieux païens. Patronne de la Corse, Sainte-Julie (santa Ghjulia) est fêtée par l’Église le 22 mai.

Comme dit le dicton : «  À la Sainte-Julie, le soleil ne quitte pas son nid ».

À suivre…

Guy Perron, archiviste-historien

 

Chronique suivante : Nos batisseurs de paroisse

Retour au menu des Chroniques