Chroniques d'histoire
par Guy Perron

 



Le premier Conseil municipal


Ayant obtenu sa proclamation civile le 6 mai 1851, la paroisse de Sainte-Julie peut dès lors être représentée au sein de la Corporation du comté de Verchères. Cette administration régionale, qui existe depuis 1847, est composée d’un conseil  regroupant deux conseillers nommés pour chaque paroisse du comté. Les représentants de Sainte-Julie sont Xavier Blain et Louis Audet dit Lapointe.

Le 1er juillet 1855, « L’Acte des Municipalités et Chemins du Bas-Canada » est promulgué. Sans abolir le Conseil de comté, cette loi jette les bases du système municipal actuel et crée la municipalité de la paroisse de Sainte-Julie. Nous ignorons comment et quand est élu le premier conseil municipal, mais le 23 juillet suivant, on tient la première session générale du conseil dans la demeure d’André Surprenant sur la rue Principale. Sont présents les sept conseillers élus : Louis Blain, Louis Cardin, Jules Choquet, Charles McDuff, Michel McDuff, Michel Pepin dit Descordonnais et Félix Quintin dit Dubois. À cette époque, le conseiller élu ne peut « en aucun cas recevoir ou avoir droit à un salaire, traitement, profit ou émolument quelconque pour ses services comme tel ». De plus, il ne peut occuper d’emploi subordonné au Conseil municipal.

C'est Jules Choquet qui propose la première résolution, à l'effet de nommer le notaire julievillois, Louis-Théodore Chagnon, comme secrétaire-trésorier du conseil. Par la résolution suivante, Jules Choquet est nommé maire de la municipalité de la paroisse de Sainte-Julie. 

Signature de L.-T. Chagnon


Signature de Jules Choquet


Notre premier maire prend son fauteuil, puis chaque membre du Conseil « file son serment d’office ». Il est décidé de faire l’usage exclusif du français en ce qui concerne la publication des règlements, résolutions et avis publics « sans préjudice pour les habitans de la dite municipalité qui, tous généralement entendent et parlent la dite langue française ». On procède ensuite à la nomination des estimateurs de la municipalité : Michel Favreau, Michel Borduas et Joseph Trudeau. Le Conseil autorise son honneur le Maire à acheter au compte de la municipalité un registre pour entrer les votes et délibérations du Conseil. Puis, le Conseil s’ajourne.

Page-titre du premier registre
des délibérations du Conseil municipal

Lors de la première session générale mensuelle du Conseil municipal, tenue le 6 août suivant, on adopte le premier règlement pour déterminer l’heure et le lieu des sessions générales mensuelles du conseil. Il est aussi décidé que la municipalité ne forme qu’un seul arrondissement d’inspecteurs pour les chemins et les ponts et qu’elle soit divisée en cinq arrondissements de sous-voyers. Ainsi, Hippolyte Quintin dit Dubois est nommé inspecteur des chemins et des ponts alors que les sous-voyers (officiers chargés des voies publiques) sont Jean-Baptiste Savaria (arrondissement #1), Pierre Provost (#2), Joseph Collette (#3), Louis Véronneau (#4) et Louis Collette fils (#5). Amable Daunais, Louis Sénécal et Antoine Nerbonne sont nommés inspecteurs des cours d’eau, fossés et clôtures

C’est ainsi que l’administration municipale se met en place pour permettre au premier Conseil municipal de bien et fidèlement servir les citoyens et les citoyennes de la municipalité de la paroisse de Sainte-Julie. 

À suivre…

Guy Perron, archiviste-historien

 

Chronique suivante : La tragédie du 29 décembre 1929

Retour au menu des Chroniques