Chroniques d'histoire
par Guy Perron

 


Le premier temple julievillois : une chapelle en bois


Peu de gens savent que l’église actuelle, construite en 1902, est la deuxième de la paroisse Sainte-Julie. Une chapelle en bois a servi de lieu de culte pendant 53 ans ! Encore moins ceux qui peuvent imaginer cette chapelle située de façon perpendiculaire à l’église actuelle, c’est-à-dire parallèle à la rue Principale !

Le 24 octobre 1848, dans son décret érigeant la chapellerie de Saint-Joseph dans la concession du Grand Coteau, Mgr Bourget permet la construction d’une chapelle en bois, de 70 X 40 pieds, au lieu le plus central et le plus commode.  

En juillet 1849, un marché est conclu avec le maître-charpentier de Beloeil, Antoine Provost, à l’effet de construire la charpente de ladite chapelle pour le 1er octobre suivant. Cette charpente s’élèvera sur une fondation en pierre déjà en place. En novembre, « malgré la dureté des temps et la disette d’argent presque générale », la chapelle, vaste et spacieuse, est close, garnie de bons planchers et peut être employée convenablement au culte. Mais la chapelle n’est pas finie pour autant !

Deux ans plus tard, ne voulant pas s’exposer au blâme, les propriétaires du Grand Coteau expliquent à Monseigneur leur intention de la faire terminer et même d’y faire faire des bancs en plus de fournir les bois et matériaux pour la construction d’une sacristie et autres bâtisses.

En juin 1850, on procède à la nomination des syndics pour conclure tout marché et devis nécessaires pour faire finir la chapelle, y annexer une sacristie et faire bâtir un presbytère pouvant servir de logement au futur curé. Malgré quelques protestations, le 16 décembre 1851, l’assemblée des marguilliers et des habitants de la paroisse reçoit les comptes des syndics et accepte la dette à la majorité pour et au nom de la Fabrique.  

C’est sous la houlette de l’abbé Joseph Théoret que la chapelle va connaître plusieurs améliorations. D’abord, en avril 1853, la Fabrique conclut de nouveau un marché avec Antoine Provost pour la fabrication des jubés et de ses bancs. Puis, dix ans plus tard, c’est encore à Provost qu’on confie la finition intérieure de l’église en plus de l’achèvement de la voûte et de menues réparations à la couverture. Ce marché comprend un devis détaillé qui nous donne une bonne idée des dimensions et de l’architecture de la première église (ou chapelle) qui mesure 66 X 40 pieds. Puis, en 1883, on prolonge les jubés latéraux jusqu’au sanctuaire.

Après la construction de l’église actuelle (1902), c’est en 1904 que l’on décide de démolir la vieille chapelle. Ainsi, les matériaux récupérés serviront à construire une maison et à ériger une clôture sur le devant du cimetière. On utilisera la vieille sacristie comme abri pour le mausolée. Enfin, la cloche sera prêtée pour un temps indéfini à la Commission scolaire pour l’usage de l’école du village.

Guy Perron, archiviste-historien

 

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