Chroniques d'histoire
par Guy Perron

 



La naissance d’une paroisse : la période beloeilloise


Nous savons maintenant que la paroisse de Sainte-Julie prend vraiment son envol en 1851 après avoir reçu son décret canonique le 27 novembre 1850 et sa proclamation civile le 6 mai
1851. Mais l’histoire tumultueuse d’un groupe de gens pour obtenir la construction de leur église remonte bien au-delà.

Rappelons que le territoire qui compose Sainte-Julie est un détachement de la seigneurie de Beloeil, dans un endroit que l’on désigne encore aujourd’hui du nom de « Grand Coteau ». C’est là que vont s’établir les familles pionnières de Sainte-Julie dès la fin du 18e siècle.

En 1818, les habitants du Grand Coteau ont maille à partir avec ceux de Beloeil. Ces derniers entreprennent des démarches pour reconstruire l’église paroissiale de Saint-Mathieu-de-Beloeil, détruite par un incendie. Sollicités pour participer aux frais de reconstruction de l’église, les habitants du Grand Coteau protestent en assemblée publique  car, bien que faisant partie de la seigneurie de Beloeil, ils « n’ont jamais été à cette paroisse, n’y ayant jamais eu et n’y ayant point encore aujourd’hui de chemins qui y communique ». Ils n’ont donc pas eu à y contribuer financièrement.

Voulant profiter de la bonne volonté du gouvernement, les ecclésiastiques se pressent à ériger canoniquement de nouvelles paroisses. Entre 1825 et 1836, pas moins de 71 décrets en ce sens sont proclamés. Dans cette vague, les Beloeillois signent en 1829 une requête demandant un nouveau décret canonique de leur paroisse dans laquelle ils estiment que le Grand Coteau fait partie de leur seigneurie. Précisons qu’une augmentation du nombre de paroissiens contribue à diminuer la répartition des dettes et à augmenter dîmes et dons. En 1830, 41 propriétaires du Grand Coteau s’opposent farouchement à ce que l’on tente de les rattacher, encore une fois, à la paroisse de Saint-Mathieu-de-Beloeil parce qu’ils se sont de tout temps annexés officieusement à la paroisse de Sainte-Anne-de-Varennes. Aussi, depuis plusieurs années, ils possèdent des bancs dans l’église de Varennes et ils contribuent aux travaux et édifices publics dans ladite paroisse.

Le décret canonique de Saint-Mathieu-de-Beloeil n’est promulgué que le 23 mars 1832. L’évêque de Québec s’est rendu au désir des habitants du Grand Coteau en les rattachant officiellement à la paroisse de Sainte-Anne-de-Varennes érigée canoniquement, quelques jours auparavant, le 1er mars 1832. On juge alors qu’il est plus à propos d’y annexer les trois premières concessions du Grand Coteau, comprenant le chemin de la Grande Côte (fermé en 1919), le chemin du rang de l’Église (aujourd’hui rue Principale) et le chemin du Fer-à-Cheval.

Les gens du Grand Coteau continuent à participer à toutes les activités et à s’intégrer aux institutions varennoises… jusqu’au jour où ils songent à s’en séparer. C’est le début d’une lutte acharnée !

Guy Perron, archiviste-historien

 

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