Chroniques d'histoire
par Guy Perron

 


Nos bâtisseurs de paroisse


Un an, presque jour pour jour, après la donation faite par Julie Gauthier dit S
aint-Germain d’un lopin de terre pour y ériger l’église de la future paroisse Sainte-Julie, une requête des propriétaires des premier, second et troisième rangs du Grand Coteau est expédiée à Mgr Bourget, le 19 novembre 1849.

Cette « autre » requête a cependant plus de poids que les précédentes du fait que « malgré la dureté des temps et la disette d’argent » une chapelle est actuellement bâtie, mais non terminée, et qu’elle peut servir convenablement d’église à la future paroisse, sous le titre et invocation de Sainte-Julie. Cette dernière renfermerait les premier (chemin de la Grande Côte), second (chemin du rang de l’Église ou rue Principale) et troisième (chemin du Fer-à-Cheval) rangs du Grand Coteau. Cette chapelle, vaste et spacieuse, est maintenant close, garnie de bons planchers et peut servir au culte. Mais comme ils n’aimeraient pas s’exposer au blâme, les pétitionnaires demandent l’autorisation de bâtir une sacristie, un presbytère, un cimetière et autres dépendances nécessaires.

Le 3 juin 1850, 77 cultivateurs du Grand Coteau s’unissent devant notaire pour former cette nouvelle paroisse. Ils sont nos bâtisseurs de paroisse : Audet dit Lapointe, Ayet dit Malo, Bissonnette, Blain, Borduas, Brissette, Brodeur, Brunelle, Charbonneau, Choquet, Collet, Comtois, Dalpé, Daunais, Decelles, Dubois, Frappier, Geoffrion, Jodoin, Langevin, Lussier, McDuff, Mongeau, Provost, Quintin, Richard, Rouïsse, Savaria, Sénécal, Saint-Pierre, Surprenant, Trudeau, Véronneau, William, etc. Ils procèdent donc entre eux à la nomination de syndics pour faire finir ladite chapelle et pour y annexer une sacristie de grandeur convenable et bâtir un presbytère afin d’obtenir auprès de l’Évêque de Montréal… un décret de division. L’instituteur Jules Choquet est nommé trésorier. Pour ce faire, le mois suivant, un emprunt de 1600 livres est exercé auprès de Marie Bousquet, veuve d’Antoine Véronneau, de Varennes.

En septembre, probablement à la demande de l’Évêque, les cultivateurs du Grand Coteau demandent aux habitants des paroisses de Varennes (chemin de la Belle-Rivière), de Saint-Bruno (secteur Domaine des Hauts-Bois) et de Beloeil (chemin des Quarante-Deux) de s’unir à eux pour agrandir le territoire de la future paroisse.

Ayant tous les atouts en main (chapelle, syndics, futurs presbytère et sacristie, territoire agrandi), les gens du Grand Coteau obtiennent « enfin » le décret pour l’érection canonique de la paroisse Sainte-Julie le 27 novembre 1850… il y aura ce mois-ci 150 ans !

La persévérance de « nos bâtisseurs de paroisse » porte fruit, malgré l’opposition de messire Joseph Primeau, curé de Varennes. Ce dernier va poursuivre sa lutte jusqu’à la proclamation civile de la paroisse, mais… en vain !

À suivre…

Guy Perron, archiviste-historien

 

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