Chroniques de nos familles
par Renée Desautels.
Histoires de familles : les Brunelle
Le
18 janvier 1850, un induit du Souverain Pontife a été accordé, créant
ainsi la paroisse de Sainte-Julie. À l’été suivant, 77
cultivateurs du Grand Coteau s’unissent, devant notaire, pour
constituer la nouvelle paroisse. Le 6 mai 2001, nous dévoilerons
une stèle en leur honneur. Parmi ces pionniers, il y a huit
Brunelle : Étienne dont les fils Onésime et Olivier s’établiront
à Sainte-Julie, Hubert, Isidore père et Isidore fils, Joseph,
Joseph, Louis et Michel que l’on retrouve au recensement de 1851.
C’est le patronyme Brunelle qui a donné le plus de pionniers. Par
contre, si on compte les âmes, en 1851, les 40 Brunelle
arrivent après les 59 Blain et les 44 Lussier et ex æquo
avec les 40 Provost et les 40 Comtois.
En
2001, les Brunelle seraient un peu plus de douze et il ne resterait
qu’une seule famille Brunelle de souche julievilloise, celle de
Claude. En effet, leur nombre a continuellement décru et cela pour
deux raisons probablement : un grand nombre de filles par
famille, ce qui entraînait la disparition du patronyme au moment de
leur mariage, et un bon nombre de jeunes hommes qui ont émigré
hors du village natal. Dès 1871, il n’y avait plus que 32
Brunelle recensés, 15 en 1881 et 5 en 1891. Cette année-là, une
seule famille tenait le flambeau, celle d’Ovila Brunelle et de son
épouse Thérèse Charron et de leurs trois enfants, Éliza, Olivine
et Sigismond. Au recensement de 1901, on retrouvait Sigismond marié
à Albertine Bourdua, son fils Camille, sa mère Thérèse et sa sœur
Éliza, toujours célibataire, habitant tous le même toit. Eulalie
Brunel, 44 ans et célibataire, gagnait sa vie comme couturière et
logeait avec la famille de Pierre Trudeau et Melvina Brunel ;
Eulalie et Melvina étaient filles d’Onésime Brunel et d’Eulalie
Mongeau et petites-filles du pionnier Étienne, mari de Marguerite
Dozois Chicoine. Enfin, une troisième maison abritait la famille de
Joseph Brunel, 37 ans, marié à Délia, ainsi que leurs trois
enfants, Cifora âgée de 14 ans et couturière elle aussi,
Albertine et Napoléon. Ce Joseph Brunel pourrait être Louis
Joseph, fils d’Onésime et d’Eulalie Mongeau, marié à Délia
Desjardins le 2 février 1886 à Sainte-Julie ; Cifora serait
le prénom écrit au son (par le recenseur) de Marie-Louise Zéphira
dont l’acte de baptême indique qu’elle est la fille de Joseph
Brunelle et de Délia Desjardins.
En
2001, habitent toujours à Sainte-Julie, Claude Brunel et son épouse
Jacqueline Provost, fils de Gaspard et Marie-Alida Chouinard (fille
de l’hôtelier Raymond Chouinard) et petit-fils de Sigismond et
Albertine Bourdua. Gaspard et Sigismond Brunelle ont été tous deux
d’excellents menuisiers qui ont construit un grand nombre de
maisons dont plusieurs à Sainte-Julie. Lise Brunelle, sœur de
Claude, était l’épouse de Fernand Saint-Pierre, résident
julievillois.
Les
familles Brunelle qui ne sont pas de souche julievilloise descendent
du même ancêtre, Jacques
Brunel, originaire de Dieppe, car c’est le seul Brunel à s’être
établi en Nouvelle-France. Le 24 novembre 1677, il épouse à
Boucherville, Suzanne Bertaut, veuve de Jean Hiesse. Le couple
s’installe à Varennes et c’est là que naissent ses sept garçons
et ses trois filles. C’est le fils Jacques, marié à Marie Anne
Bernard, le 31 mars 1704 à Varennes, qui est responsable de la lignée
qui mène aux huit pionniers Brunelle de Sainte-Julie.
Renée
Desautels, généalogiste |
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