Chroniques d'histoire
par Guy Perron
La (trans)formation du territoire julievillois
Aujourd’hui,
le territoire de la Ville de Sainte-Julie est bien délimité : au
nord par les municipalités de Varennes et de Saint-Amable, à l’est par
Saint-Mathieu-de-Beloeil, au sud par Saint-Bruno-de-Montarville et à
l’ouest par Boucherville. Ce territoire s’est façonné au fil des
ans, que ce soit par le démembrement d’une partie de ce territoire ou
par l’annexion d’autres.
Il
faut remonter à 1734 pour situer ce qu’on peut définir comme le
« noyau » du territoire julievillois : le
Grand Coteau. Même si une poignée de particuliers possèdent des
lopins de terres situés dans « l’augmentation » (de la 5e
à la 8e concession) de la seigneurie de Beloeil, le Grand
Coteau est considéré comme faisant partie de la seigneurie de Varennes.
Si bien qu’il est désigné, dès 1770, comme le « Grand Coteau de
Varennes ».
Pour
appuyer le décret canonique de la paroisse de Sainte-Julie, du 27
novembre 1850, un « plan du terrain projetté de la paroisse du Grand Cauteau »
est tracé par l’arpenteur Joseph Wilbrenner un mois plus tôt. C’est
le premier plan de la paroisse
de Sainte-Julie ! Il est contresigné en avril 1851 par P. L. Morin,
arpenteur, possiblement pour supporter la proclamation civile du 6 mai
suivant.
À
la suite de l’abolition du régime seigneurial en 1854, on établit le
cadastre de la plupart des seigneuries du Bas-Canada dans les années
1860-1870. Basé sur le plan de 1850-1851, le « Plan officiel de la
paroisse de Sainte-Julie, comté de Verchères » est préparé par le
Bureau du cadastre à Montréal, le 15 octobre 1877. Signé le 17 octobre
1878 par le commissaire F. Langelier au Département des Terres de la
Couronne à Québec, ce plan est déposé le 23 octobre et mis en vigueur
le 25 novembre 1878.
Avec
l’érection de la desserte de Saint-Amable, en 1913, le territoire
julievillois est coupé de plus du quart de sa superficie. Le tout est
confirmé par la reconnaissance civile de la municipalité de la paroisse
de Saint-Amable du 13 juin 1921.
En
1974, pour planifier et compléter son règlement d’urbanisme et assurer
le développement du secteur « Domaine des Hauts-Bois », la
Ville de Sainte-Julie adopte un règlement (#302) pourvoyant à
l’annexion d’une partie de territoire située dans les limites de la
ville de Saint-Bruno, le tout formant une superficie de 55,04 arpents carrés.
Ces 55 arpents sont répartis comme suit : 32 arpents appartenant à
Domaine des Hauts-Bois inc., 22 arpents à l’Association récréative du
Domaine des Hauts-Bois et un arpent à Mme Damien Véronneau.
Comme
on peut le constater, même si sa fonction première est avant tout
religieuse, la paroisse a influencé la géographie civile, notamment dans
le dessin des premières municipalités, des subdivisions de recensement
et du cadastre. En vigueur depuis 1878, le cadastre de la Ville de
Sainte-Julie, comme celui de plusieurs autres municipalités, sera
« rénové » dans les prochaines années avec la Loi
favorisant la réforme du cadastre
québécois.
Souvenons-nous
de cette géographie de 1850 où l’église apparaît au plan en position
plus ou moins centrale, flanquée de son presbytère…
À
suivre...
Guy Perron,
archiviste-historien |
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