Jean, le père de François, mourut le 11 décembre 1656 d'une opression de poitrine (sic), alors que sa mère Marie-Jeanne ou Urbanne Marie Pillet décéda le 21 octobre 1657.
François, dès l'âge de 20 ans, décida de quitter son village natal pour venir s'installer en Nouvelle-France. En 1666, il s'embarque avec 34 autres passagers et 35 membres d'équipage sur le voilier Le Saint Jean-Baptiste piloté par le capitaine Pierre Fillye. Le bateau quitte le port de La Rochelle le 17 mai 1666 à destination du Nouveau-Monde. Le 11 août 1666 il vient s'ancrer au large de Québec, à l'entrée de la rivière Saint-Charles.
François Nau y descend et repart aussitôt, en canot, pour le manoir de Lotinville avec son maître Bertrand Chesnay de la Garenne. Il n'y a pas de route, pas de pont sur la rivière Montmorency. En arrivant à l'Ange-Gardien, il lui faut remonter à rames la rivière du Petit-Pré aussi appelée rivière de Lotinville, jusqu'au débarcadère, face au manoir seigneurial du seigneur de Lotinville.
C'est ici, au manoir, juste du côté ouest de la rivière, que François fut domestique avec huit autres. Ils en firent l'un des plus beaux domaines de la côte de Beaupré. Le domaine avait 6 arpents (350 mètres) de large. Bertrand Chesnay est un des gros bourgeois de la colonie.
La deuxième terre à l'est appartenait à la famille Jobidon. Marguerite qui n'avait que 5 ans à l'arrivée de François sera l'élue de son coeur. Elle aura 15 ans lors de leur mariage à Château-Richer le 20 juillet 1676.
Le 17 mars 1678, par le notaire Gilles Rageot, le seigneur Jean Toupin, sieur Du Sault concède une terre de 3 arpents (175 mètres) sur 40 (2 338 mètres), dans sa seigneurie nouvellement créée de Bélair dite la Pointe-aux-Écureuils, à François Nau. Ses deux amis, Pierre Groleau et Pierre Grenon, obtiennent eux aussi une concession.
La concession de François est voisine du domaine seigneurial, du côté ouest. Le domaine avait 7.8 arpents (456 mètres) en partant du fleuve, sur 40 arpents (2 338 mètres). Il se situait vis-à-vis la belle église des Écureuils et la route du manoir qui conduit au fleuve. Le manoir était situé sur le bord de la falaise vis-à-vis l'église. La terre de François était à l'ouest de l'actuelle rue du Couvent, à peu près vis-à-vis la belle maison moderne au sud du chemin.
François s'y bâtit une première maison faite de billots équarris à la hache et de fenêtres étroites, Puis il y conduit en 1679, sa femme, Marguerite Jobidon et son fils François. L'aîné Jean était décédé peu après sa naissance, en 1677. Tous ses enfants naîtront ici, jusqu'en 1687, année où Marguerite, sa femme, meurt du typhus, peu après le décès de son dernier enfant, Michel. Elle avait 26 ans. Les enfants qui survivent à leur mère sont: François (8 ans), Geneviève (5 ans), Marguerite-Ursule (3 ans) et Jean-François (22 mois). Marguerite Jobidon, la mère, est inhumée le 27 novembre 1687, dans le cimetière de Neuville.
C'est à Neuville, sept mois plus tard, le premier juillet 1688, que François, âgé de 42 ans, prendra comme seconde épouse Marie-Thérèse Chaillé, 21 ans, native de Beauport, qui lui donnera neuf enfants.
Après le décès de sa première femme, Marguerite Jobidon, François Nau déménagea à Deschambault. Avant même son second mariage à Neuville, on le retrouve répertorié au recensement de la seigneurie de Deschambault; il est dit veuf avec 4 enfants en bas âge. Il y est propriétaire d'une habitation et a comme voisins Pierre Groleau et Antoine Bussière.
Le 3 mai 1696, le seigneur Jacques-Alexis de Fleury Deschambault concède officiellement à François Nau une terre de 3 arpents par 30 (175 par 1754 mètres) et une autre à son fils François qui aura ses 17 ans à la fin du mois.
Quelques années plus tard, après la revente de la terre de son fils, en 1701, au seigneur de Deschambault pour en faire le centre du village, François Nau père déménage un peu plus à l'ouest sur une nouvelle terre concédée le 8 août 1704 par François Chavigny, sieur de La Chevrotière. Cette terre de 30 arpents sur 40 (175 par 2338 mètres) était voisine du domaine seigneurial de La Chevrotière et de la toute nouvelle chapelle Saint-Antoine. Il recommence à défricher sa nouvelle terre. C'est sur cette terre que François finira ses jours à l'âge de 63 ans. Il fut inhumé le 20 mars 1709, au petit cimetière de la Chapelle St-Antoine.
Aujourd'hui on retrouve différentes façon d'écrire le nom : NAU, NAUD, NAULT, NAUX, NEAU, NEAUD, NEAULT, NEAUX, NO, NOT, NOWE.