Claude Thomas, l'ancêtre canadien de la famille Bigaouette, est né à Dover, en Nouvelle-Angleterre vers 1680 ou 1681. Son père John, un marchand de drap, est originaire du comté de Hamshire au sud-ouest de Londres. Sa mère se nommait Anne Lara.
Le " Township de Dover " au New-Hamshire eut à subir les incursions des Indiens et Français du Canada à sept reprises. Les plus violentes furent celles de 1689 et de 1690. Ces attaques étaient ordonnées par le Gouverneur Frontenac. Au cours d'une de ces attaques et du massacre qui s'en suivit, probablement en 1689, Claude Thomas et sa mère sont enlevés par les Abénakis, alliés des Français et constitués prisonniers. Les captifs sont ramenés dans la région de Québec, un trajet d'environ 300 kilomètres qui a certainement duré trois mois. Les jeunes enfants comme Claude Thomas, qui avait alors sept ou huit ans, étaient souvent portés par les Indiens lorsqu'ils étaient trop fatigués pour marcher. Claude fut adopté par une femme Abénaquis nommée Bigaouette qui le soigna et le prit sous sa protection pendant le long voyage de retour dans la région de Québec. Il vécu avec elle une dizaine d'années dans un des villages Abénakis de la région de Lorette. C'est sans doute par reconnaissance pour cette femme qui fut très bonne pour lui que Claude Thomas décida de porter son nom.
Vers 1698, Claude fut racheté par les Français moyennant rançon. Il a alors environ 17 ans. Son nom apparaît sur la liste des Anglais libérés dont le Roy demande copie dans une lettre en date du 27 mai 1699 au sieurs de Callière et de Champigny, respectivement intendants à Montréal et à Québec. La famille de Claude Thomas est protestante. En acceptant sa libération, Claude Thomas devient catholique. Curieusement il n'obtiendra sa naturalisation qu'en 1753. Jusqu'à son mariage, Claude travaille comme domestique chez M. Paul de St-Simon, un personnage important de Québec.
Claude s'établit à Charlesbourg. Le 15 novembre 1706, il épouse une jeune fille de 18 ans, Marie-Anne Villeneuve, fille de Mathurin Villeneuve et de Marguerite Lemarché. De leur union naîtront quatorze enfants, tous baptisés à Charlesbourg entre 1709 et 1731.
Marie-Anne décède la première, le 23 janvier 1759. Deux ans plus tard, le 22 novembre 1761, Claude Thomas alors agé de 84 ans, selon le registre de sépulture, va rejoindre celle qui a partagé sa vie. Tous deux sont inhumés à Charlesbourg.