PANNEAU 21 à l'entrée du Campus du fort Saint-Jean

LE FORT SAINT-JEAN - Du fort Saint-Jean au Collège militaire royal de Saint-Jean

Au 17e siècle, le régiment de Carignan-Salières reçut mandat d'ériger des forts le long de la rivière des Iroquois. Après avoir levé les forts de Sorel, Chambly et Sainte-Thérèse, les militaires arrivent à la hauteur de la future ville de Saint-Jean en 1666 pour construire un quatrième fort appelé Fort de l'Assomption parce qu'il avait été terminé le 15 août. Ce fort devait être une fortification en palissade de forme carrée à quatre bastions, ressemblant aux autres forts déjà construits. Ce fortin dont la localisation n'a pas été déterminée aurait eu une courte vie; il fut brûlé par les Indiens peu après 1672.

Il faudra attendre 1748 pour voir renaître de ses cendres le nouveau fort Saint-Jean bâti selon les plans tracés par l'ingénieur Chaussegros de Léry et approuvés par le général de la Galissonnière. Madame Bégon écrivait : «Tous ceux qui ont vu cet édifice disent qu'il est très beau mais qu'il n'est guère résistant parce qu'il est construit de bois».

«Il était, selon Peter Kalm, de forme rectangulaire renfermant une enceinte d'un arpent carré». Les deux bastions frontaux construits de bois reposaient sur un soubassement en pierre. Les palissades encerclant le fort étaient en thuya(cèdre). Peter Kalm l'avait surnommé le fort aux maringouins, et pour cause...

Le 29 août 1760, à l'approche des Anglo-Américains et à la suite de la chute de l'Ile-aux-Noix, M. de Villejoin, le commandant, brûle le fort suivant les instructions de son supérieur.

De 1764 à 1775, le domaine du fort est loué à Gabriel Christie et Moses Hazen, alors co-seigneurs de Bleury.

Peu avant l'attaque de Montgomery, les autorités militaires décident d'ériger deux redoutes reliées par un fossé de 700 pieds de long. Carleton y détache le 26e régiment d'infanterie commandé par le major Preston. Puis des renforts du 7e régiment et de l'artillerie viennent s'y ajouter. On notera que parmi les 650 soldats de troupe, 89 Canadiens servent sous les ordres de Preston.

Le vrai baptême du feu a lieu en 1775 alors qu'entre le 18 septembre et le 3 novembre, le fort subit l'assaut de Montgomery et ses troupes. Au cours du siège, relaté de façon colorée par le notaire Antoine Fouché, les munitions et les provisions venant de La Prairie tombent aux mains des assiégeants. Tous les bâtiments du fort sont rasés par une batterie de canons et par un mortier de 13 pouces postés à 400 pieds de l'enceinte. Preston ne prend pas de risques; il fait détruire les bâtisses avoisinantes pour empêcher les Américains de les occuper. La résistance opposée au fort Saint-Jean retarde la marche de ceux-ci vers Québec qui n'atteignent la ville qu'au début de l'hiver.

Les principaux régiments cantonnés en garnison à Saint-Jean sont entre autres : le Royal Engineers, une école anglaise d'infanterie, le Royal Canadian Dragoons, le Royal Canadian Regiment et le Royal 22e régiment de l'école de l'Armée canadienne.

Saint-Jean-sur-Richelieu peut se vanter à juste titre de compter sur son territoire un des plus anciens sites militaires en Amérique du Nord. Les débuts de cette présence remontent à 1666.

Les Français érigent une série de forts le long du Richelieu afin de contrer les attaques des Iroquois. Le fort Saint-Jean est construit par le régiment Carignan-Salières à la veille du 15 août 1666. Abandonné, il est reconstruit selon les plans de l'ingénieur Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry en 1748. En 1760, au moment de la Conquête, les Français préfèrent brûler la fortification plutôt que de la livrer aux mains de l'ennemi.

Le vieux Fort Saint-Jean sur la rivière Richelieu, 1911

 

Le fort, devenu redoute sous les Britanniques, vit ses plus grandes heures de gloire pendant l'Invasion américaine à l'automne 1775. Les défenseurs soutiennent un siège de 45 jours retardant ainsi la marche des soldats américains vers Québec. Chantier naval, bureau de poste, le fort comprend des casernes et un hôpital construits en 1839, qui hébergeront plusieurs régiments britanniques et canadiens, dont le Royal Canadian Dragoons et son école de cavalerie.

 

Le 21 octobre 1914, le futur gouverneur-général Georges Vanier fonde en cet endroit le Royal 22e régiment, le premier régiment régulier composé de soldats canadiens- français dans les forces armées du Canada. Le 12 juin 1952, est inauguré le Collège militaire royal de Saint-Jean destiné à la formation des officiers francophones dans l'armée canadienne.

 

Sur le site actuel, on retrouve cinq bâtiments dont la construction remonte à 1839. Accompagnés d'un édifice plus récent, trois d'entre eux forment le quadrilatère historique. Placés à angle droit, ces édifices délimitent un square ouvert aux quatre coins. De plan allongé, ils comportent deux étages en brique de couleur ocre posés sur un soubassement en pierre de taille et sont couverts d'un toît en croupe percé de cheminées placées à intervalles réguliers.

 

Le bâtiment qui fait dos à la rivière, le mess des officiers, est le plus imposant. Il se distingue par deux avancées latérales plus basses et par un porche central. Les autres constructions lui ressemblent par leur gabarit et leurs matériaux. Toutefois, la composition et la distribution des trois portes au rez-de-chaussée rappellent leur fonction première de casernes.

 

Une présence militaire continue confirme la situation stratégique de Saint-Jean-sur-Richelieu. Toutefois en 1995, le ministère de la Défense nationale du Canada a cru bon de fermer le Collège militaire royal de Saint-Jean, situé sur un site témoin de 350 ans d'histoire de notre pays.